Le débat des antilibéraux

Mercredi 27 juin 2007

Nous réaffirmons notre double perspective d’une alternative à gauche et d’une gauche alternative.


Une alternative à gauche


La perspective de l’unité de la Gauche de transformation sociale reste pertinente. L’offensive libérale-autoritaire du gouvernement et le délitement idéologique du PS prouvent eux aussi qu’un espace commun à la gauche du renoncement est nécessaire ; Un espace commun pour les militants anti-capitalistes, qu’ils soient d’extrême gauche, communistes, écologistes, féministes, alternatifs ou altermondialistes, militants politiques, syndicaux ou associatifs, encartés ou non.

Mais si cet objectif reste pertinent, il faut aussi constater que la situation politique ne s’y prête guère aujourd’hui. La direction du PCF considère qu’elle n’a plus d’interlocuteurs à la gauche du PS, la direction de la LCR revendique le bien fondé de sa stratégie partidaire. Même au sein des militants unitaires pointent des positions fragilisant cette construction (responsabilité unilatérale des divisions attribuée à la seule candidature Bové, discours anti-parti ou simplement découragement). Or, si la perspective de l’unité des anti-libéraux est toujours pertinente, l’unité ne peut se faire seul.

N’insultons pas l’avenir. Ce qui n’est pas possible aujourd’hui pourra peut-être l’être plus tard.

C’est pourquoi nous pensons qu’il faut maintenir les outils de cette unité, ces espaces communs tels que les CUAL qui ont survécu à cette intense période de divisions, et les utiliser pour échanger, dialoguer, voire coordonner des actions dans une période où les mobilisations seront indispensables pour s’opposer à la politique gouvernementale.
Une gauche alternative


Mais nous voulons aussi souligner la dimension profondément positive de la création de Comités Bové, puis Gauche Alternative 2007. Ces comités représentent une première structuration de la 3eme composante de cet espace anti-libéral commun ; une 3eme composante non plus présentée en creux (ni PC ni LCR) mais en positif : une gauche « solidaire, écologiste, féministe, anti-raciste et alterrmondialiste ».

L’affirmation de cette composante, plus sensible aux nouvelles pratiques politiques, plus écologiste et plus autogestionnaire sans doute, est un enrichissement de notre espace commun et non une division supplémentaire.

Mais pour que cet espace perdure à Paris, sachant qu’il n’est pas construit autour d’un appareil, il doit se structurer autour d’une association, avec des statuts (au minimum des règles communes de fonctionnement), une adhésion individuelle et une coordination parisienne.

Elle doit adopter de véritables pratiques démocratique et transparente. Elle doit aussi conserver la perspective à plus long terme de l’unité des anti-libéraux et garantir la souveraineté des comités locaux.

C’est ainsi qu’on pourra éviter, dans cette période difficile, la dispersion des militants non-encartés, mais aussi qu’on pourra éviter que les CUALs ne se réduisent à un simple espace de dialogue entre organisations politiques.

C’est aussi, c’est surtout ainsi, qu’on maintiendra ces nouveaux espaces politiques communs de dialogue, d’élaboration et d’action qui démontrent au quotidien la possibilité de travailler ensemble et sans concurrence partidaire de militants issus de culture politique différente. En d’autres terme, qu’on pourra continuer à expérimenter, à une échelle réduite, l’unité.
Le Comité Gauche Alternative 9/10eme,
William Elie et Elodie Vieille Blanchard (Comité GA 13eme)



Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 24 juin 2007

Résolution adoptée

La coordination des collectifs unitaires, réunie à Saint-Denis les 23 et 24 juin 2007, et rassemblant des délégué-es de collectifs et comités unitaires, quels que soient les noms qu’ils se donnent, et quels qu’aient été leurs choix à l’occasion de la séquence électorale, a décidé d’organiser avant la fin de l’année 2007, comme cela avait été envisagé lors des précédentes coordinations de Bobigny et de Saint-Denis, des Assises dont l’objet est ainsi défini :

 

Nous voulons pérenniser notre existence en tant qu’espace commun de réflexion et d'action, structuré en collectifs locaux, coordonnés de manière efficace et visible.

 

Les collectifs unitaires sont des espaces ouverts à tous : citoyens engagés, membres ou non d'organisations politiques, associatives, syndicales, de courants. Ils ont la volonté de réunir toutes les sensibilités de la gauche antilibérale, altermondialiste, alternative, écologique, antiraciste, solidaire, féministe, anti-guerre.

 

Ils sont en lien avec les divers mouvements et réseaux de mobilisation sociale, et en sont parties prenantes.

 

Ils sont des lieux d'échange, d'élaboration d'un projet de gauche véritablement en rupture avec le libéralisme, des lieux de résistance et d'action.

 

Ils proposent un cadre stable et ouvert à celles et ceux qui veulent faire vivre un processus unitaire par une dynamique capable d’ouvrir une alternative au libéralisme.

 

Chaque collectif décide souverainement de ses modalités d'organisation, sur la base du principe : 1 personne = 1 voix.

 

A l’occasion de nos Assises, nous entendons :

 

- Nous donner au niveau national des règles de fonctionnement, de décision, et de représentation démocratiques, ainsi qu’une dénomination.

 

- Contribuer à l’organisation, de la résistance à la politique du gouvernement Sarkozy, avec l’ensemble des forces disponibles.

 

- Travailler à la poursuite de l’élaboration de notre projet écologiste, féministe et de transformation sociale, allant bien au-delà du cadre programmatique des « 125 propositions » du texte « ce que nous voulons ».

 

- Faire le bilan de l’activité de la gauche de transformation sociale et écologique depuis 2005, ainsi que de l’état des forces à l’issue des dernières élections.

 

- Travailler à l’élaboration d’outils de communication.

 

Toutes les citoyennes et tous les citoyens, les militantes et les militants qui entendent porter le projet d’un rassemblement des forces « anti-libérales », écologistes et de transformation sociale, qu’ils appartiennent ou non par ailleurs à des forces constituées, sont invité-es à participer, depuis les collectifs existants dans leurs localités, et le cas échéant dans leur département, ou à travers les collectifs qui se constitueront, à la préparation de ces assises, dont les modalités plus précises de convocation et d’organisation seront arrêtées par la prochaine coordination, prévue à la fin du mois de septembre.

 

L’organisation de la dynamique des collectifs constituera un élément décisif des rassemblements à venir.

 


 

Il est donc convenu :

 

1 – de tenir les Assises des collectifs unitaires à l’automne 2007.

 

2 – de veiller à la relance de l’activité et au développement des collectifs locaux et des coordinations départementales.

 

3 – de proposer aux partis, courants, forces organisées et autres partenaires de la gauche écologiste et de transformation sociale, ainsi qu’aux diverses composantes du mouvement social, la préparation et la tenue dans le courant de l’année 2008 d’États Généraux unitaires pour construire et porter un projet d’alternatives pour la transformation sociale et la préservation de la planète (actualité de l’antilibéralisme, de l’anticapitalisme, du féminisme, de l’antiproductivisme, de la lutte contre les discriminations, etc.).

 

Le secrétariat désigné par la coordination nationale est mandaté pour commencer à mettre en œuvre cette triple décision.

 

La coordination donne donc mandat au secrétariat qu’elle a désigné pour prendre contact avec les forces politiques de la gauche antilibérale, les associations, les syndicats, les réseaux de mobilisation et autres acteurs, pour :

 

- leur présenter le projet des Assises

 

- leur proposer de diffuser leurs contributions, qui seront intégrées à la préparation des Assises

 

- les interroger sur la possibilité d’organiser dans l’unité des États Généraux de l’ensemble de la gauche écologiste, féministe et de transformation sociale. Le secrétariat rendra compte de ce mandat lors de la coordination prévue en septembre.

 

Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 24 juin 2007

Pierre ZARKA

(Refondateur communiste)

Ma participation au Conseil national du PC samedi, m'empêchera de participer à notre première journée. C'est essentiellement ce qui motive cet écrit.

A mon avis, aller vers une construction de rassemblement des forces antilibérales ne peut se réaliser que dans la mesure où simultanément nous avançons vers un projet politique cohérent. Non pas que nous n'aurions rien fait jusqu'à présent mais à mon sens, la victoire de Sarkozy, la défaite que cela représente ne sont pas dues qu'aux égocentrismes d'appareil ou plus exactement si ceux-ci ont pu finir par l'emporter et engendrer l'éparpillement, cela est aussi dû à des limites qui sont aussi les nôtres et qu'il nous faut dépasser.

Elles ont pour point commun de renvoyer à la manière dont les organisations s'enferment dans des logiques institutionnelles c'est-à-dire ont été malgré leurs déclarations d'intentions fixées sur la présidence elle-même plus que sur l'impulsion d'une dynamique populaire. Ce trait renvoie à ce que l'on peut attendre d'une élection : atteindre le pouvoir et se mettre au service « de ». ou considérer qu'il s'agit d'un moment privilégié pour tenter de provoquer une dynamique politique qui fait du mouvement populaire une force politique comme on dit qu'il y a un mouvement social. Cette absence a entraîné la confusion entre « équilibrage de la gauche » ce qui renvoie de fait à la prééminence de la vie institutionnelle et  à faire de la volonté du PS le déterminant essentiel, donc confusion entre « équilibrage de la gauche et changement de mode de vie politique » ;

La nature des enjeux électoraux : rapports mouvements/ institutions.

Cela appelle la quête d'une coopération consciente et quasi-organique avec des élus comme nouvelle normalité. Élire un représentant que l'on reverra plus tard (peut-être) ou élire un partenaire avec lequel on va co-élaborer et co-intervenir ne sont pas identiques. Cela revient à modifier l'enjeu des élections : dans le cadre d'une démarche délégataire, on vote de plus en plus pour ceux qui sont déjà le plus proches du pouvoir. Et le PS retourne en qualité la promiscuité avec le patronat qui lui est souvent reproché en dehors des périodes électorales. En faisant reculer les comportements délégataires, on votera pour ceux qui nous donnent à nous le plus de forces d'intervention. Cela peut ne pas conduire au même choix. De fait, l'enjeu d'une élection devient la manière dont un mouvement populaire investi l'espace institutionnel.

À un système politique fondé sciemment sur la dépossession des citoyens, est souvent opposée une « dépossession vertueuse ». Les partis ont fonctionné sur le mode de la médiation, de l'incarnation et de la substitution. Le concept « d'avant-garde » renvoyant autant à cette médiation qu'à l'originalité des idées. A la charnière des XIXe et XXe siècles, c'est cette conception que fait fondamentalement triompher la social-démocratie. Depuis 1917 la culture bolchévique en a fait un modèle suffisamment durable pour survivre à l'URSS et pour imprégner toute la culture politique, même celle qui pense échapper aux logiques partidaires.

Cette culture induit une hypertrophie de la place des institutions.
Celles-ci exercent alors une formidable fascination. Le PCF s'y est enfermé. Mais quand on examine de près ce qui a motivé l'alliance de la LCR avec L.O en 2004, ou sa frénésie à présenter seule des candidats aux législatives de
2007, on mesure que si l'extrême -gauche a longtemps éludé la question, dès que les conditions changent, elle n'échappe pas non plus à cette attraction.
Les comités Bové eux-mêmes poussés par les conditions de leur acte de naissance et par la proximité de l'échéance ont souvent considéré leur reconnaissance plus à partir de leur présence dans le champ institutionnel que comme producteurs d'une nouvelle culture politique, et ce, malgré une volonté réelle de faire du neuf. Et il était vrai que c'était une « épreuve » de passage à une certaine crédibilité. Mais cet effort à souvent conduit inconsciemment à épouser une culture qui hérite de siècles de dominations et de dépossessions comme si c'étaient là, la seule manière d'être efficient. On trouve encore fréquemment parmi nous tous, les mêmes tentations que ceux d'un parti politique, exigence de centralisme comprise, chaque partie voulant être le tout, ou volonté de pouvoir de labellisation.

Projet et de programme.

Contrairement à ce que l'on pense très souvent, une démarche exclusivement programmatique ne permet pas de rassembler. Par définition un programme se présente comme fini, il ne reste qu'à le prendre ou à le laisser. Il faut en
retenir par cour des pans entiers sans maîtriser les principes qui l'animent et qui peuvent le défendre. Même en clamant que l'on veut faire le contraire, il met celles et ceux qui ne l'ont pas conçu en extériorité avec les responsabilités qui ont conduit à son élaboration et donc à celles qui conduiront à son application. De plus le côté « catalogue » de tout programme peut par le fractionnement des mesures favoriser le fractionnement de la lecture suivant l'intérêt porté sur tel ou tel chapitre et donc éloigne du principe de participation à une construction commune. S'il est isolé de toute notion de projet commun, il peut même rendre impuissant face au développement d'une culture d'opposition des dominés entre eux : les fonctionnaires cherchant ce qui les intéressent et ceux qui croient que ce sont des profiteurs n'y trouvant pas spontanément de quoi les détromper. Au contraire, chercher ses solutions en les situant comme éléments de réponses aux questions posées par le fonctionnement de la société, c'est sortir de soi, dépasser le périmètre de ses pratiques quotidiennes pour juger de sa propre place dans un ensemble immense et complexe qui s'appelle la société.

Mais on ne peut espérer que ce processus puisse se contenter d'avancer à l'aveuglette et de transformer la société par accident ou fatalement. Sans capacité de définir une visée, un idéal que l'on vise et dans lequel on cherche à s'inscrire comme moyen d'identification de soi, l'intention, l'envie n'existent même pas. Or, au-delà des aspects immédiatement politiques, c'est bien cette envie que les forces du capital cherchent à anéantir. Pour l'instant l'échec du bolchevisme permet au capital de réduire toute contestation à ne pas dépasser le cadre qu'il a dessiné dans la mesure où celui-ci demeure même en pensée sans concurrent. Que Sarkozy soit assimilé à celui «qui bouscule les choses » y compris par des électeurs qui n'avaient pas voté pour lui, en est une démonstration. La vision de l'avenir n'est donc pas du ressort du rêve comme un supplément d'âme ou ce qui viendra plus tard, mais donne son sens à l'immédiat.

Ce terrain Ségolène Royale entraînée par la pente de soumission aux règles du libéralisme ne pouvait le tenir ; et les forces antilibérales reconnaissons-le, n'ont pas vraiment ouvert ce chantier. Dans ce contexte, Sarkozy a su capter des attentes qui ne sont pas obligatoirement de droite pour les détourner.

Ces limites en laissant un vide ont contribué à cristalliser sur les traits d'une culture politique qui est incompatible avec un processus émancipateur, à favoriser le repli sur les logiques d'appareils, même si celles-ci sont à interroger. Les conséquences de ces caractéristiques contribuent aussi à ce que des pans entiers de la population particulièrement éloignées de la normalité institutionnelle n'ont pu se reconnaître dans cette tentative.
C'est vrai des jeunes, notamment celles et ceux de banlieue, des migrants, mais aussi de notre dénuement sur les questions du travail.

Où en sommes-nous ? La LCR appelle au rassemblement.autour d'elle, reprenant à son compte le même esprit de prééminence que le PC. Celui-ci retrouve une situation instable. Pour l'instant, la direction officielle ne fait aucune autocritique réelle et donne le sentiment de vouloir privilégier une certaine relance de l'appareil en tentant d'atténuer la gravité des résultats du PC. En même temps de nombreux militants et deux courants au moins annoncent que le PC tel qu'il est ne peut durer. De l'espace autour de Robert Hue se dégage l'appel à ne pas aller vers un congrès bâclé et à trouver des formes de dépassement du PC actuel : les uns souhaitant une construction de gauche en gommant la spécificité de la culture communiste ; les autres revenant de fait à la stratégie des années quatre-vingt dix à savoir renouveler le PC pour qu'il fasse contrepoids aux dérives du PS. Les communistes unitaires de « l'intérieur du PC » considérant que nous allons vers un congrès pour rien ; qu'il est nécessaire que l'espace antilibéral se recompose à partir d'un processus de construction d'un projet plus affiné (conception de la société et du combat politique) et que la culture communiste, comme d'autres cultures politiques ont un rôle à jouer, non pas
à part, mais qui ne peut se concevoir que dans un cadre de forces multiples rassemblées.

Cela posé, la lucidité doit nous faire prendre en compte que l'espace antilibéral, pour l'instant est plutôt éparpillé. Le plus facile serait de se nourrir de ressentiments à l'encontre de tel ou tel. Mais ce serait ne pas voir que ce qui fait qu'il y a divergence est le reflet de quelque chose de profond dans les cultures des dominés. Si les problèmes ne provenaient que de tel espace constitué, cela ne nous empêcherait pas d'avoir parmi nous davantage de jeunes, de migrants, de syndicalistes. Ne pas intégrer que ces divergences sont une réalité à traiter comme un fait politique ne conduirait qu'à constituer un espace résigné à demeurer dans une certaine marginalité et renonçant à jouer un rôle majeur qui doit déboucher sur la capacité à rendre possible un fait majoritaire. Or, il est bon de rappeler surtout dans une situation où l'enjeu est de savoir où sera le entre de gravité de la recomposition politique entre la pente social-libérale et le rassemblement alternatif, que dans une perspective de transformation démocratique de la société, le fait majoritaire demeure la clé et suppose de ne se couper d'aucune force qui se réclame de l'anti- libéralisme quoi que l'on pense d'elle et de tenter d'inclure en gros le même spectre de forces que lors du référendum.

Cela suppose non seulement de ne pas faire de ces divergences un obstacle, mais au contraire un stimulant. Je m'explique. Je ne crois absolument pas à la vertu de se rassembler sur ce que nous avons en commun et pour cela d'écarter ce qui nous différencie. Les divergences non traitées finissent toujours par nous rattraper et nous ronger de l'intérieur comme un cancer.
Je crois plus réaliste de considérer les divergences comme autant de chantiers à ouvrir. Pas pour faire de l'eau tiède mais pour travailler au dépassement d'obstacles idéologiques et chacun d'entre nous, à notre propre pensée. Ne pas le faire, et accepter l'éparpillement feraient des appareils existant, quelle que soit leur mauvaise santé, les éléments stables et référents de la situation. Ne pas accepter l'éparpillement, c'est admettre qu'aujourd'hui aucun des espaces qui cherchent à se constituer ne se considère comme L'Espace valide, ne se considère comme le tout au lieu de se considérer comme une partie.

Expérimenté par une cascade de Congrès du PC qui n'ont servi à rien faute de travail sérieux, je souhaite personnellement que les Assises s'appuient sur nos acquis et soient conçues comme la poursuite D'UN processus de travail- pour l'instant il en existe peut-être d'autres-  plus que comme LA création DU lieu qui devra bien un jour rassembler toutes les forces antilibérales.
Visiblement nous n'en sommes pas encore là. Et le reconnaître est le moyen de mieux parvenir à un tel rassemblement, en évitant de considérer ceux qui n'y seraient pas d'amblée comme des « déviants ». Un processus n'implique pas de se mettre en « stand by » ; cela n'empêche nullement d'affronter au fur et à mesure les échéances qui se dresseront devant nous.

Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 24 juin 2007

Christian PICQUET

(Courant Unir de la LCR)

                                                Au secrétariat de la coordination

  

Chers et Chères Camarades,

 

Avant  votre réunion des 23 et 24 juin, je veux répondre à l’interpellation que plusieurs d’entre vous m’ont adressée, quant à mon absence prolongée du secrétariat désigné dans la foulée de la réunion nationale de Montreuil, en  janvier dernier.

 

Autant vous le dire d’emblée,  et quoi que cela relève à mes yeux de l’évidence, cette absence ne doit nullement à une impossibilité matérielle, mais au constat auquel mes camarades et moi-même avons bien dû nous résoudre : la trajectoire du secrétariat, autant que les décisions qui en auront émané ces derniers mois, ont rendu impossible la poursuite de notre engagement dans cette instance.

 

Je  me suis donc tenu à l’écart de vos travaux, et mes camarades avec moi. Sans vouloir entrer dans des polémiques qui auraient encore alourdi le climat de division ayant suivi l’échec de notre démarche de rassemblement antilibéral en décembre dernier. Sans non plus rétorquer aux invectives ou aux injures dont certains, y compris parmi vous, ont cru bon de m’abreuver (je devrais d’ailleurs, ici aussi, utiliser le « nous », tant les attaques auront visé en tant que telle la sensibilité dont je suis l’un des animateurs).

 

Nous avons mené le débat sur les questions d’orientation, tranquillement, sereinement, lors de chaque réunion de la coordination, jusqu’à la rencontre nationale de Bobigny, au moyen de contributions écrites, déposées au nom de la « LCR Unitaire » ou cosignées avec des camarades partageant un point de vue similaire. Dès lors que, à chaque étape, les approches se révélaient profondément divergentes, que l’esprit de consensus cédait progressivement le pas à une ambiance d’intolérance inadmissible, il nous est apparu que nos échanges devenaient parfaitement vains, au moins à ce moment politique particulier.

 

Avec le recul, chacun devrait aujourd’hui convenir qu’un débat de fond nous a traversés dès le mois de janvier,  et qu’il fut de très mauvaise politique de chercher à l’évacuer. Pour notre part, dès la rencontre de Montreuil, nous avions dit et écrit qu’une troisième candidature, issue  l’espace antilibéral, ne serait pas de nature à renouer le fil brisé de la bataille pour l’unité. Cependant, prenant en compte la volonté de milliers de militants ou de citoyens de ne pas  s’incliner devant les politiques de division qui avaient mené au fiasco de Saint-Ouen, nous avions volontiers souscris au « compromis » final de cette réunion. Les termes de ce compromis étaient clairs : vérifier la possibilité d’une relance du processus unitaire autour d’une candidature « trait d’union », que pouvait incarner José Bové, tout en préservant l’unité des collectifs en distinguant strictement la campagne Bové de la coordination des collectifs unitaires.

 

En pratique, il s’est rapidement avéré que la candidature de José Bové s’engageait dans une logique de concurrence avec les autres candidatures antilibérales, qu’elle ne se situait donc pas dans la continuité de la démarche initiale du rassemblement antilibéral et de ses objectifs stratégiques, qu’elle se délimitait de plus en plus sur l’espace de l’écologie radicale (ce qui l’amenait à relativiser la défense des urgences sociales et démocratiques, pourtant placées au cœur de nos 125 propositions), qu’elle tendait à ignorer la diversité des opinions présentes au sein des collectifs. Plutôt que d’en rester au cadre consensuel de Montreuil, la coordination et le secrétariat se seront de facto engagés dans la campagne autour de José Bové, perdant ainsi en autorité dans la mesure où cette évolution conduisait de très nombreux collectifs, ayant fait le choix de ne s’impliquer dans aucune campagne, à se mettre à l’écart.

 

La réunion de Bobigny, à la mi-mars, eût pu rétablir l’équilibre initialement souhaité et autoriser une ample bataille pour la reconstitution de l’unité dans un maximum de circonscriptions aux élections législatives. Mais la prétention simultanée d’un certain nombre de participants de cette rencontre d’imposer, à toutes les candidatures unitaires, une association de financement (Sega) liée à une sensibilité politique et un logo prédéterminé (« Gauche alternative 2007 ») aura finalement ruiné cette ultime possibilité. Résultat, si l’obstination d’un certain nombre de collectifs comme des secteurs unitaires du PCF et de la LCR aura permis de sauver quelques dizaines d’accords pluralistes, la plupart d’entre eux ne s’affilièrent pas à Sega et ne recoururent pas au logo « officiel ». A contrario, des campagnes se proclamant « unitaires » du fait de leur affiliation et de leur logo se seront délibérément placées en situation de concurrence avec celles de la LCR et du PCF.

 

Le bilan de cette séquence ne saurait aujourd’hui être escamoté. D’« insurrection électorale » à partir de la présentation de José Bové, il n’y eut point. Ce qu’il demeurait des collectifs unitaires à la fin du mois de décembre 2006 en sera sorti un peu plus affaibli et divisé. La posture consistant à s’affirmer « unitaire » tout en prenant sa part à l’éparpillement de la gauche antilibérale n’aura fait que générer du sectarisme et de la tension, là où il aurait fallu de la sérénité, du respect des opinions en présence, de la transparence et de la clarté dans les débats. L’incapacité de la coordination de fin avril à se démarquer publiquement de l’acceptation, par José Bové, d’une mission confiée par Ségolène Royal, aura encore accru la confusion, en tournant le dos à la visée énoncée dans notre texte « Ambition-Stratégie » : être indépendant du social-libéralisme pour pouvoir lui disputer l’hégémonie à gauche.

 

Dans la logique des choix effectués tout au long des six derniers mois, on devine à présent la tentation  de structurer une nouvelle organisation politique, qui se situerait à côté de celles qui existent déjà, pour ne pas dire en opposition à elles. L’objectif ressort clairement du texte de Raoul Marc Jennar ou d’autres contributions dont nous avons pris connaissance. Mais il traverse également le document collectif « Pour une alternative (à propos des assises de l’automne) »,  lequel se prononce en faveur « d’une force de plus » conçue comme « garantie de rassemblement sans hégémonie aucune » et exclut d’emblée toute représentation des forces ou courants organisés en son sein. Autrement dit, sans le dire et tout en récusant pour la forme l’idée d’« une organisation qui soit sur le mode d’un parti ou d’un mouvement reposant sur une unicité d’organisation », c’est bien à cela que l’on tend malgré tout. Cette option peut avoir sa légitimité, et nous n’entendons pas la discuter. Dans la mesure où elle ne procède pas de ce qui nous a réuni depuis la campagne du « non » de gauche au traité constitutionnel européen, elle ne saurait pourtant être la nôtre.

 

Nous demeurons convaincus qu’il ne naîtra pas d’alternative crédible au libéralisme et au social-libéralisme hors du rassemblement de toutes les énergies antilibérales au sein de la gauche. Il convient néanmoins de constater que l’issue de l’élection présidentielle modifie substantiellement les coordonnées de ce combat. Face à une droite qui porte désormais le projet global et cohérent d’une contre-révolution conservatrice à la française, face à un Parti socialiste dont la direction s’oriente vers la rupture avec sa propre histoire pour achever sa mue sociale-libérale et pouvoir contracter des alliances au centre,  c’est la refondation d’une gauche à gauche qui s’avère indispensable.

 

Dans cette optique, poursuivre dans la voie des concurrences et de la division, amènerait à l’inexistence politique. Se contenter d’engager une reconstruction unitaire de l’ampleur de celle qui s’impose à partir seulement des cadres militants qui ont été marqués par l’échec de la tentative d’aboutir à des candidatures unitaires pour cette séquence électorale,  ne serait guère à la hauteur de l’enjeu. Réduire ses ambitions à l’affirmation d’un pôle d’extrême gauche, ou d’un nouveau mouvement regroupant les forces ayant été engagées dans la campagne Bové, reviendrait à coup sûr à se résigner à l’impuissance et à la domination de la gauche par des sociaux-libéraux toujours plus libéraux et de moins en moins sociaux.

 

C’est à l’ouverture d’un vaste processus qu’il importe maintenant de travailler, en direction de tous les secteurs de la gauche qui ne se résignent pas à faire du libéral-capitalisme l’horizon indépassable de leur action, des acteurs du mouvement social qui ont acquis la conscience aiguë de la nécessité de réinvestir leur expérience de terrain dans le renouvellement de la politique, de cette jeunesse militante qui a fait ses premières armes avec la bataille contre le CPE l’an passé, de ces secteurs intellectuels dont la gauche a trop souvent négligé les apports… De nouveaux espaces pluralistes, de réflexion et de débat, d’initiatives et de propositions sont, à cette fin, indispensables, en vue d’un premier temps fort que pourraient représenter des états généraux pour une gauche à gauche.

 

C’est à cet objectif que nous entendons consacrer toute notre énergie. Pour aborder franchement les questions qui seront débattues par vous ce week-end, notamment celles du devenir de la coordination ou de la perspective d’assises à l’automne, nous ne saurions nous engager dans une démarche politique, ou dans des initiatives, qui ne constitueraient pas des avancées en direction de la convergence, sans exclusive, de toutes les composantes antilibérales à gauche. 

 

C’est sur la base des urgences de la nouvelle période, que nous souhaitons reprendre,  avec tous, le débat dans les meilleurs délais. Car, nous en restons convaincus, toutes celles et tous ceux qui ont toujours à cœur de faire émerger une réelle alternative unitaire à gauche ont encore un long chemin à explorer ensemble.

 

Bien fraternellement.

Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 17 juin 2007
REUNION NATIONALE DES COLLECTIFS ANTILIBERAUX (23 et 24 juin à Saint Denis)
CONTRIBUTION DES ALTERNATIFS

Un triple cycle touche à sa fin :
- Celui de la reconstruction du PS, ouvert au congrès d’Epinay en 1971 et traduit dans les différentes formules d’unions de la gauche. Le positionnement au centre gauche de la campagne de Ségolène Royal et l’affaiblissement des partenaires anciens ( le PCF ) et nouveaux ( les Verts) a tourné la page.
- Celui de la crise du PCF, crise d'orientation et affaiblissement organisationnel
- Celui de l’émergence des Verts comme force de renouvellement du champ politique.

Sans doute la gauche antilibérale avait elle surestimé le NON au TCE, qui, s’il était bien l’expression d’une contestation large de l’ordre ultralibéral, n’induisait pas mécaniquement l’existence d’un socle idéologique commun auquel il suffisait désormais de donner une expression politique.

Ces deux dernières années ont montré le caractère complexe, hétérogène, volatile et souvent contradictoire de la conscience politique des couches populaires que l’affaiblissement et l’archaïsme du PC d’une part et la démission du PS d’autre part ont laissé sans ancrage, sans boussole et sans cohésion dans une période sans précédent de mutations économiques, sociales et environnementales.

Cette période nous a enseigné que nous ne pouvions faire l’économie d’un travail collectif et démocratique sur le projet de société nouvelle que nous désirons construire, travail d’invention politique et sociale qui nécessite un temps de gestation et de maturation par essence long.
D’autant que ce travail ne saurait avoir de sens sans une bataille longue elle-aussi pour l’unité sociale des exploité-e-s et opprimé-e-s et leur participation active à l’élaboration de ce projet de société.

Résister à l’offensive d’un capitalisme violent et liberticide et construire une gauche d'alternative sont donc évidemment deux tâches à mener de front pour la gauche de gauche dans sa diversité.

Pour nous en tenir au champ de la gauche de transformation sociale, terme décidément à substituer à celui de gauche antilibérale, les Alternatifs souhaitent apporter les éléments suivants au débat

1/ SUR LE PROJET

1/1 Il est nécessaire d'articuler la plate forme politique que constituent les 125 propositions, socle ayant vocation a être amélioré, à une rélexion globale sur un projet de société

1/2 Il est indispensable de considérer des questions comme celles de l'antiproductivisme, de l'altermondialisme, de la précarisation durable, de l'initiative populaire (nous dirions autogestionnaire), d'une nouvelle contruction européenne, comme des éléments constitutifs du projet d'alternative. L'émergence de la question du réchauffement climatique, l'unification à l'échelle de la planète d'une série de mobilisations sur ce terrain, sont des éléments structurants de la nouvelle période qui s'ouvre

1/3 Construire le projet, c'est penser le bloc social qui en sera porteur. De ce point de vue, le premier défi est de répondre, dans les luttes et par nos propositions, à la division des couches populaires dont joue et qu'accentuera la politique du bloc UMP MEDEF. La question de l'unité est centrale.

2/ POUR L'UNITE, POUR L'ALTERNATIVE

2/1 Les Alternatifs sont favorables à l'unité sociale et politique la plus large afin de ne pas laisser isolés les secteurs en première ligne face à la droite et au MEDEF (sans papiers, chômeurs et précaires, jeunesse, secteurs encore garantis du salariat...)

2/2 Ils sont favorables à un front commun entre toutes les organisations, courants et collectifs de la gauche de transformation sociale. Le sectarisme de la LCR, la crise d'orientation et le repli du PCF ne doivent pas conduire à renconcer à cet objectif.

2/3 La période la plus récente, entre autres la campagne législative "gauche alternative 2007", a confirmé que celles et ceux qui se reconnaissent dans les collectifs antilibéraux (qu'ils aient ou non participé à la campagne avec José Bové), sont partagés entre deux démarches (ce partage n'est pas un partage entre "courants" identifiés mais entre des aspirations ). D'une part poursuivre la construction d'un espace politique de transformation sociale ouvert, d'autre part faire émerger une nouvelle force politique aux côtés de la LCR et du PCF.

2/4 Il est indispensable, pour ne pas contruire sur le sable des non-dits, de clarifier cette question.

2/5 Dans la loyauté et la clarté à l'égard des cadres larges à construire, et qui ne peuvent être instrumentalisés au bénéfice d'une de leurs sensibilités, les Alternatifs jugent nécessaire le développement d'une composante politique organisée alternative, autogestionnaitre, écologiste, qui ne peut se retrouver ni dans le PCF ni dans la LCR, et doit s'affirmer au sein de l'espace de la gauche de transformation sociale. Ils sont prêts à échanger et à se retrouver avec celles et ceux qui se situent dans cette même perspective.

2/6 Les Alternatifs sont en même temps favorables à la mise en place, aux Assises de l'automne d'un espace de débat et d'initiatives large de la gauche de transformation sociale.

La condition nécessaire à la constitutuon d'un tel cadre est l'exigence démocratique : identification des mandats collectifs, de celles et ceux qui les mettent en oeuvre, contrôle collectif et transparence.

Cet espace a pour objet d'être le creuset, théorique et pratique d'un nouveau projet et de nouvelles formes d'engagement social et politique. Il peut contribuer à moyen terme à l'éméergence d'un nouveau mouvement politique, mais ne peut en jouer le rôle à ce stade, sauf à se rétrécir considérablement.

Il doit assumer l'hétérogéneité du champ de la gauche de transformation sociale, être ouvert aux doubles appartenances, viser à permettre l'échange et l'élaboration en commun avec les acteurs des mouvements sociaux, être disponible pour l'échange avec les nouveaux engagements militants, notamment dans la jeunesse des quartiers populaires et/ou scolarisée (ces dernières démarches ayant jusqu'à présent été très peu portées par les collectifs antilibéraux).
 
Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 17 juin 2007

Contribution des Bouches-du-Rhône
à la réunion nationale des collectifs du 23 juin

Nous ne pourrons pas être présents comme nous l'aurions voulu à la réunion nationale du 23 juin, car nous avions nous-même programmé une assemblée générale départementale à la même date, 1ère assemblée générale depuis les élections qui vise à rassembler tous les militants antilibéraux, quels qu'aient été leurs choix pour ces élections.
Nous souhaitons cependant participer au débat, et nous vous faisons parvenir le texte ci-dessous. Il ne s'agit pas d'une déclaration formellement adoptée, mais de points de réflexion qui recueillent un accord assez large parmi nous et serviront de base pour l'introduction de notre AG départementale le 23 juin.


Après les présidentielles et les législatives, le moment est venu de se retrouver si nous voulons que notre combat de plusieurs années ne se termine pas dans l'éclatement, la confusion, la déception et la colère. Ainsi, nous avons besoin de faire le point, de débattre entre nous, mais aussi, au-delà, de résister à la politique néolibérale du gouvernement Sarkozy, d'ouvrir une perspective politique.

Cela doit être l’objectif des Assises Nationales prévues à l'automne prochain. Celles-ci devraient décider de la constitution d'un nouveau rassemblement unitaire.
Mais avant de nous engager dans ce travail nous avons besoin d'échanger et de vérifier si une volonté commune existe toujours pour relancer une dynamique unitaire antilibérale et pour ce faire, selon quelles bases politiques nous fondons notre accord et dans quel cadre nous pouvons/voulons agir pour être le plus efficace.

Pour cela nous avons besoin de tirer tous les enseignements de l'échec de la gauche antilibérale lors de la présidentielle et des législatives:

Pour quelles raisons nous n'avons pu prolonger l'unité des forces politiques et du mouvement social qui s'était réalisée lors de la bataille du non de gauche au Traité Constitutionnel Européen ? Notamment quelles responsabilités incombent aux uns et aux autres ? Et pour quelles raisons nous n'avons pu déjouer les pièges qui étaient pourtant prévisibles ?

En effet, ce nouveau rassemblement ne peut être la reproduction de cette tentative brisée. Aussi il est nécessaire de construire une démarche, qui sans ignorer les partis politiques, prendra une nécessaire autonomie vis-à-vis des logiques d'appareil.

Avec ce rassemblement nous vous proposons de mobiliser toutes celles et ceux qui ont combattu la division, tous ceux qui souhaitent travailler à une perspective unitaire, autrement dit, un rassemblement pleinement citoyen, n'excluant en rien les militants car nous avons besoin de leur expérience tant au plan politique, syndical, qu’associatif.

Sa base politique pourrait être constituée du fruit de notre travail commun : les 125 propositions des collectifs locaux pour une alternative unitaire à la gauche, le texte «ambition – stratégie - candidatures». Ces deux textes n'étant pas pris comme les «Saintes écritures», mais comme un socle susceptible d'évolution. Ce sera au rassemblement que nous vous proposons de construire d’en décider.

Ce rassemblement ne saurait être la simple suite des CUALS ou des comités unis avec Bové, avec le regroupement des communistes qui n'ont pas souhaité la candidature de Marie George Buffet même si certains d’entre eux ont finalement appelé à voter pour elle, ou encore des membres de la L. C. R. qui ont eu une attitude semblable, ou enfin ceux qui ont fait le choix de ne pas mener campagne. Avec ce nouveau rassemblement nous devons chercher à rassembler encore plus largement toutes celles et ceux que nous n'avons pu associer dans le cadre des comités unitaires antilibéraux : la jeunesse, les salariés, les couches sociales les plus défavorisées et discriminées.

L'objectif que nous vous proposons, ne saurait être aujourd'hui une nouvelle organisation politique, mais de se doter d'un outil qui nous permettra de prendre en compte à la fois la diversité de ceux qui participeront, ainsi que leur volonté commune de résister à la politique qui va être mise en oeuvre par le gouvernement Sarkozy et surtout de faire de la politique autrement en faisant progresser l'alternative unitaire antilibérale et le rassemblement pour donner force dans ce pays à une gauche de transformation sociale.

Pour y parvenir, nous vous proposons sur la base de notre expérience de remettre en place sans tarder des comités locaux, avec des coordinations départementales et une coordination nationale dont la composition, le renouvellement, les modes de fonctionnement et de liens avec le local devront être débattus.


 

Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 17 juin 2007

La confusion est grande entre collectifs unitaires, comités Bové et instances censés les représenter. Nous en sommes conscient(e)s et nous ne voulons pas rajouter à cette confusion. Cette contribution est un document élaboré pour alimenter la discussion de l’AG parisienne des ex- CUABs. Elle a été élaborée par des militants de ces mêmes CUABs qui sont aussi militants des CUALs. Les soussignés considèrent les CUALs comme la seule instance unitaire ayant pour mandat de préparer l’organisation des assises dans les conditions les plus claires et les plus rassembleuses possible. Ils souhaitent que ce texte permette d’avancer dans la clarification nécessaire.

 

GARDONS LE CAP DE L’UNITE

 

A la réunion nationale de Saint Denis à la rentrée 2006, l’unité paraissait en marche, elle paraissait à portée de main. Neuf mois après, non seulement nous avons essuyé une défaite politique mais la tendance est à plus d’effritement chez les anti-libéraux. Nous devons prendre un peu de temps pour réfléchir à notre bilan et dégager sereinement des perspectives. 

Une campagne qui n’a pas répondu à nos attentes .
Que nous nous soyons engagés dans la campagne Bové ou que nous ayons simplement glissé le bulletin Bové dans l’urne, nous ne nous résignions pas à ce que les espoirs placés dans le
rassemblement de la gauche anti-libérale soient trahis. Nous ne voulions pas laisser le champ libre aux diviseurs.

Nous espérions construire un rapport de force tel que la candidature Bové, candidature trait d’union et collective, contraigne les appareils de partis à rompre avec leur politique de division.
Nous ne voulions pas rester l’arme au pied et nous ne regrettons pas d’avoir mené ensemble la campagne Bové mais nous avons échoué.
La campagne Bové rassemblait un éventail de forces plus large que les autres candidatures anti-libérales : communistes unitaires, trotskystes unitaires, écologistes radicaux, citoyens unitaires mobilisés contre le projet de constitution européenne.
La campagne Bové a aussi attiré des militants qui ne se reconnaissaient pas dans les partis existant ou même qui s’en défiaient.
La campagne Bové articulait question sociale et question écologiste, ni par démagogie, ni par concession à la mode, mais parce que c’est un enjeu décisif pour l’humanité.
La campagne Bové regroupait tous ceux qui ne se résignaient pas au champ de ruines laissé par la réunion nationale de l’Ile Saint Denis.
Combattre inlassablement pour reconstituer l’arc unitaire, en toute indépendance des socio-libéraux, tel était le mandat de Montreuil.

 Le mandat de Montreuil a malheureusement été écorné.

 

On ne devait pas polémiquer gratuitement avec les autres candidats anti-libéraux. José Bové expliquera que voter pour les candidats de la LCR et de LO ne servait tout simplement à rien.
On devait faire de la politique autrement. La campagne se déroulera sans que les comités aient la moindre prise sur le déroulement de la campagne.

On devait porter le mandat de Montreuil. La campagne oscillera entre volonté unitaire, de plus en plus vacillante, et affirmation identitaire de plus en plus envahissante.
On devait mener une campagne collective. José Bové va multiplier les messages en solitaire, comme proposer de choisir Nicolas Hulot comme premier ministre.
La dynamique, un temps prometteuse, ne s’est pas confirmée. Le résultat est connu, faible. Il ne traduit aucune percée y compris dans les quartiers populaires où avec beaucoup de naïveté, nous tirions des plans sur la comète.
Enfin, José Bové, entre les deux tours, va faire son allégeance à Ségolène Royal et tenir conférence de presse avec elle depuis le local de campagne du PS, allant jusqu’à approuver l’ouverture vers Bayrou au nom du réalisme. Il le fait en solitaire sans beaucoup de considération envers les militant(e)s qui ont porté sa campagne.
La réunion nationale des 28 et 29 avril, constate cette initiative. Elle ne la caractérise pas, elle ne la condamne pas.
Quel bilan tirons nous de la campagne ? A-t-elle été menée de manière démocratique ? Comment caractérisons nous le ralliement de Bové à Royal ?

 

Reprendre le combat pour l’unité afin de nous faire entendre !

 

La droite néo-conservatrice a balayé le Parti Socialiste. Cette défaite révèle au grand jour la faillite idéologique d’un Parti Socialiste dont le discours a délaissé les fondements qui ont porté son histoire, se caricaturant lui-même par ses concessions à la politique libérale, et par son incapacité à répondre à la période actuelle qui est celle d’une nouvelle mondialisation dominée par le néo-conservatisme et le capitalisme financier. Les anti-libéraux, divisés, n’ont pas existé. L’objectif reste le même, il ne peut être contourné, il faut rassembler la gauche de transformation sociale. Dans la dynamique des collectifs du 29 mai, quel rassemblement étions nous ? Militantes et militants d’ATTAC, de Solidaires, de PRS, du PS, du Mars, de la LCR, des Verts, des Alternatifs, du PCF et tant de citoyennes et de citoyens décidant de prendre part à l’élaboration commune. Réussir la gauche, n’est ce pas retrouver le fil (pas si ancien) de ce travail ? Etre crédibles, audibles auprès des citoyens, n’est ce pas la première condition pour être très nombreux et rendre possible l’alternative au libéralisme ? Le courant pour l’unité ne passe t il pas par le combat pour la crédibilité ? Isolément, les différents courants de la gauche anti-libérale sont inaudibles. La recherche de l’unité est elle encore au centre de notre démarche ?

 

Les collectifs unitaires, refondés sans les directions des partis politiques, sont un outil indispensable de cette reconquête. Ils doivent être le lieu où convergent, sans aucune exclusive, tous ceux qui veulent réellement construire ensemble une gauche de transformation sociale. Nous qui avons participé à la campagne Bové, devons être le moteur des collectifs unitaires plutôt que de rechercher des raccourcis illusoires. Pour que les collectifs unitaires soient réellement le lieu où convergent les unitaires, cela suppose qu’ils ne soient instrumentalisés par aucun des courants de la gauche anti-libérale y compris par nous. Ce qui implique en corollaire que nous considérions les comités Bové, comme un courant combattant pour l’unité mais pas le lieu où se réalise l’unité. Sommes nous d’accord pour investir ou réinvestir les collectifs anti-libéraux et pour les développer ? Ou bien les considérons nous comme des structures dépassées et inutiles ?

 

Ne fermer aucune porte

 

A ce stade le combat pour l’unité ne peut se faire ni avec la direction de la LCR ni avec la direction du PCF. Mais nous ne pouvons décréter que ces deux partis n’y reprendront jamais leur place. Les divisions internes de la LCR et du PCF, que l’orientation décidée par leurs directions respectives a provoquées, ouvrent dans les rangs de ces deux partis des débat dont nous ne pouvons nous désintéresser. Nous ne devons pratiquer ni l’incantation, ni l’injure, ni décréter que l’unité ne se réalisera jamais. Comme le dit Yves Salesse, il faut « maintenir la perspective unitaire en la traduisant chaque fois que possible en propositions concrètes sur les terrains politique et social ».

 

Ne pas se diviser entre nous, ne pas choisir des raccourcis qui sont des impasses

 

Relancer les collectifs est contradictoire avec le projet de construire à partir des collectifs une nouvelle organisation, une troisième organisation visant à regrouper les écologistes radicaux ou qui que ce soit d’autre. Construire une organisation d’écologistes anti-libéraux ou toute autre organisation anti-libérale, est parfaitement respectable mais si cette organisation devait se confondre avec les collectifs unitaires, ceux-ci verraient leur périmètre et leur influence dramatiquement réduits et ils disparaîtraient. Il faut résister à la tentation de cliver entre camarades aux positions finalement très proches. Les écologistes anti-libéraux ou les tenants d’une troisième organisation ne peuvent pas décréter que le combat pour l’unité puisse faire l’économie d’un travail de conviction envers les militants du PCF ou de la LCR. Ils ne peuvent pas non plus décréter que pour sanctionner les diviseurs, la solution soit plus de fragmentation. Les « unitaires » ne doivent pas considérer avec condescendance l’apport de l’écologie et de l’altermondialisme, dont la capacité mobilisatrice, hélas, semble se défaire après les « sommets » où ce courant a montré sa force. L’écologie sociale, est pour nous tous, sans exception un acquis fondamental mais elle n’a pas forcément valeur identitaire. Nous devons reconnaître que ce qui nous rapproche est beaucoup plus fort que ce qui nous oppose. L’aboutissement de notre démarche est il le rassemblement de la gauche anti-libérale, avec comme outil une association transversale admettant la double appartenance ou la construction d’une troisième organisation avec son programme, ses dirigeants, sa discipline, son drapeau ?

 

Pour avancer, il faut clarifier

 

Un même secrétariat national ne peut pas animer à la fois les collectifs unitaires et les comités Bové. Un secrétariat qui représenterait les comités Bové n’aurait de légitimité que s’il était élu par une réunion nationale des Comités Bové. Tout autre secrétariat n’est pas légitime. La Gauche Alternative 2007 ne peut être à la fois le sigle des anciens comités Bové ou de ceux qui, issus des comités Bové, veulent construire une troisième organisation et le sigle des collectifs anti-libéraux. Les réunions nationales des collectifs unitaires ne peuvent rassembler à la fois collectifs unitaires et comités Bové. La campagne Bové doit accoucher d’un courant qui combat, mieux que les autres, pour l’unité mais les comités Bové ou les structures qui vont en prendre la place ne peuvent s’autoproclamer le cadre où l’unité s’est réalisée. Sinon, le risque est d’éloigner des collectifs unitaires tout ce qui n’est pas nous. Les ex-comités Bové peuvent devenir le lieu où la démarche unitaire trouvera un espace, à la fois de réflexion et de construction. Le label Gauche Alternative 2007 désigne t-il les collectifs unitaires ou les ex-comités Bové ?

 

La bataille pour l’unité ne fait que commencer. Au moment où le PS hésite entre l’impasse du Parti démocrate et l’autre impasse d’une configuration à l’italienne, au moment où les Verts sont au bord de l’implosion, au moment où le PCF semble désarmé pour faire face à une crise historique sans précédent, il reste possible de construire le parti de la gauche de transformation sociale. Nous avons des échéances, université d’été, assises de l’automne que nous devons préparer dans des conditions de clarté politique, des conditions où aucun unitaire ne se sente exclu. Nous devons re-construire La Gauche. Tous ensemble.

 

Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 17 juin 2007

Pour une "gauche nouvelle"

Raoul Marc Jennar

samedi 16 juin 2007

Porte-parole de la candidature Bové. Chercheur sur les dossiers de l’OMC chez Oxfam-Solidarité et à l’URFIG (Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation), Raoul Marc Jennar est également auteur du livre Europe, la trahison des élites , pour lequel il a obtenu le Prix des Amis du Monde diplomatique en 2004. Lors de la campagne référendaire française sur le Traité constitutionnel européen (TCE), il a donné plus de 130 conférences en faveur du non.
 

Voir en ligne : Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation

 

1. SUR LES CENDRES DU 29 MAI

L’extraordinaire audience rencontrée par les promoteurs d’un « non de gauche au TCE » pendant la campagne référendaire, le triomphe du « non » ont fait naître une immense espérance : donner à cette victoire une traduction politique, être au rendez-vous que l’’Histoire nous donnait après une défaite majeure des libéraux de droite ET de gauche.
Maintenant que de cette espérance il ne reste plus que des cendres, il faut en tirer les conséquences.

Première question : cette espérance était-elle fondée ?
Sans doute, tout projet qui entend changer le système comporte sa part d’utopie. Mais il ne fait aucun doute que le « non » de gauche avait reçu l’’appui d’’au moins 12 millions (sur les 15 millions obtenus par le « non ») de femmes et d’’hommes aspirant à autre chose qu’’un projet de société néolibéral.

Deuxième question : cette espérance était-elle partagée ?
La vérité, et elle est confirmée par des sources à l’intérieur de la direction du PCF comme à l’’intérieur de la direction de la LCR, c’est qu’il n’a jamais été question que Buffet ne soit pas candidate et qu’il n’a jamais été question que Besancenot ne soit pas candidat. Ceux qui affirmaient que ce n’’était « pas une question de casting » nous mentaient. Un dirigeant communiste, qu’il appartienne au PCF ou à la LCR, ne partage pas ce qu’il détient. La règle est toujours la même : « ce qui est à nous est à nous ; ce qui est aux autres est négociable ».

Troisième question : cette espérance était-elle réaliste ?
S’’appuyant sur une réalité électorale (l’échec cuisant en 2002 de l’alliance PS-PCF-Verts et du gouvernement dérégulateur soutenu pendant cinq ans par ces trois partis), sur l’’immense impopularité du gouvernement Raffarin, sur l’’intensité des luttes sociales (retraites, intermittents, enseignants, CPE,…), sur l’’importance des mobilisations en phase avec certains de nos fondamentaux (défense des services publics, revendications écologiques, campagnes altermondialistes, …), il n’’était pas déraisonnable d’’espérer construire une démarche commune à partir d’un projet commun.

Mais c’’était compter sans la volonté des appareils de faire passer leur survie avant le projet et les objectifs. Nous avons manqué de réalisme en pensant que les socialistes du « non » allaient rompre avec un parti dont le programme allait dans un sens diamétralement opposé à nos attentes. Nous avons manqué de réalisme en pensant que les appareils issus de la pensée léniniste (PCF et LCR) avaient vraiment changé et qu’’enfin l’’objectif d’’émancipation sociale allait devenir leur priorité.

Nous nous sommes laissés abuser par les propos des Mélanchon, des Besancenot et des Buffet. Nous espérions tellement ! Nous attendions tellement un courage politique qu’’ils n’ont pas eu. Leurs actes n’’ont jamais été à la hauteur de leurs propos. Celle qui occupait une place centrale et qui avait signé un livre intitulé « Un peu de courage » n’en a pas eu le moindre. Ils nous ont trompés. Le PRS, le PCF et la LCR ont délibérément tué la démarche unitaire qui nous avait mobilisés contre le TCE.
Ce faisant, ils se sont faits, une fois de plus, les complices d’’un système qu’’ils affirment contester sans jamais le mettre à mal quand l’’occasion leur en est donnée.

2. LA GAUCHE N’EXISTE PLUS

La gauche n’’est plus qu’’un immense champ de ruines. Ruines des socialistes, ruines des héritiers du léninisme. Echec total. Ni les uns, ni les autres n’’ont été capables d’’offrir une résistance crédible à la mondialisation, un projet politique global qui nécessitait une riposte de gauche globale.

Les socialistes, contaminés par les idées chrétiennes-démocrates de la 2e gauche, ont accompagné, voire accéléré la mondialisation. Ils ont accepté que l’’injustice et l’’exploitation s’’apparentent à l’ordre naturel des choses. Ils sont presque toujours à l’origine, en France comme en Europe, des principales décisions qui ont fait avancer la mondialisation. Ce n’’est pas un hasard si c’’est un des leurs qui dirige l’’Organisation Mondiale du Commerce, instrument tout puissant de la dérégulation mondiale. Le PS français, une fois acquis le principe d’’une économie de marché dérégulée, s’’est réduit à une machine à offrir des possibilités de carrière.

Les pratiques décidées par l’’appareil du PCF en 2006 (imposer sa volonté partout même quand on est minoritaire, créer des « collectifs » de toutes pièces composés exclusivement de militants PCF, diaboliser ceux qui sont d’’un avis différent, etc,) prouvent que ce parti n’’a pas changé. Les prétextes de moins en moins crédibles avancés par la LCR n’ont pas suffi pour dissimuler son désir –bien médiocre au regard des enjeux– de compétition avec les frères ennemis du PCF. Ces deux partis ont montré qu’’ils n’ont rien compris aux leçons de l’Histoire. En particulier qu’’un vrai rassemblement ne peut se réduire à un ralliement. Pétris de sectarisme, pétrifiés dans des théories obsolètes et inaptes à la moindre mutation, ils ont été incapables de trouver la parade efficace à cette phase globale, dérégulatrice et financiarisée, du capitalisme qu’’on appelle mondialisation.

Les uns se laissent prendre au piège du discours sur la modernité, comme si l’’injustice et l’’exploitation n’’étaient pas des phénomènes éternels. _ « Moderniser le socialisme » annoncent-ils. Comme si c’était ringard de tendre vers plus d’’égalité, plus de justice pour tous. Les autres sont incapables de sortir de théories et de pratiques qui appartiennent à une culture politique morte. Il n’’en reste qu’’un langage stéréotypé qui ne trompe plus personne.

Le mot « gauche » n’’est plus qu’’une étiquette sur du vide. Il ne signifie plus rien dans les faits. « La gauche est un rêve qui se rêve et qui ne se réalise jamais » constatait Malraux. C’’est bien plus vrai aujourd’’hui que lorsqu’’il le déplorait. A nous de le démentir. Ne nous résignons pas à ce que le mot « gauche » appartienne désormais à la nostalgie.

3. SANCTIONNER L’’ECHEC D’UNE DEMARCHE

Je suis de ceux qui pensent qu’’au pays de l’’espérance, il n’’y a jamais de crépuscule. Avec Jaurès, je suis convaincu que « l’’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements ; mais elle justifie l’’indicible espoir. ».
Le champ de ruines qu’’est aujourd’’hui la gauche offre une opportunité : construire une gauche nouvelle.

Décembre 2006 a sonné le glas d’’un terrible échec : celui de « l’’Appel pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes ».

Ce qui a été tenté à la fois sur la stratégie et sur le contenu est désormais obsolète. Les CUAL du départ, victimes d’’infiltrations et de manipulations, ont perdu leur principale raison d’’être. Quant aux dizaines de faux CUAL, créés de toutes pièces par le PCF, ils demeurent ce qu’’ils ont été le temps de nuire : des sections rebaptisées du PCF. Les concessions énormes consenties pour préserver les chances d’’une unité tant désirée ne s’’imposent plus. Il ne peut plus être question de privilégier des « ambitions et des stratégies » qui font de nous les otages des appareils. Il ne peut plus être question d’’accepter la contrainte de « 125 propositions » qui nous ont obligés, pour prix de l’’unité, à concéder sur le productivisme, sur les OGM, sur les nanotechnologies, sur la démocratisation des collectivités territoriales, sur le nucléaire civil et militaire, sur l’’OTAN, sur l’’Europe.

Construire une gauche nouvelle implique que nous soyons libérés des contraintes acceptées et des concessions consenties en échange d’’une unité qui nous a été refusée. Nous ne sommes plus liés par ce contrat qui fut un marché de dupes.

Pourtant, ce n’’est pas acquis. Parmi nous, certains se préparent à mettre l’’épisode douloureux des présidentielles et des législatives entre parenthèses et veulent que nous fassions comme si rien ne s’’était passé. Privilégiant des projets personnels de carrière qui les aliènent aux appareils et/ou pénétrés d’’une culture politique qui les rend incapables de concevoir l’’action politique autrement qu’’au travers de négociations d’’appareils, incapables de concevoir l’’unité du peuple de gauche en dehors de cartels de structures qui confisquent la démocratie, ils vont tenter de nous enfermer de nouveau dans un scénario qui a pourtant échoué.

Dans un vocabulaire usé jusqu’à la corde, ils nous annoncent leur volonté de procéder à une « refondation unitaire de la gauche antilibérale ». Ce sont les fossoyeurs de toute espérance. Ce sont les mêmes qui n’’ont jamais réussi qu’’à privilégier leur carrière et entretenir leur coterie, leur statut d’’apparatchik, leurs impuissances successives et cumulées à changer la vie. Au nom de leurs échecs, ils entendent nous dicter leur façon de faire. Ils ont failli. Qu’’ils s’écartent. Nos objectifs valent mieux que leurs intrigues.

4. DEMAIN COMMENCE AUJOURD’HUI

Nous sommes des dizaines de milliers. Les femmes et les hommes qui militent sans appartenir à un parti et qui ont soutenu José Bové et les candidat(e)s de la « Gauche alternative 2007 » portent l’’espoir d’’une gauche nouvelle. Nous ne sommes pas seuls. Des femmes et des hommes de qualité ont courageusement exprimé leur lucidité sur l’’aveuglement de leurs propres appareils et se sont mis en dissidence pour privilégier la seule unité qui compte : celle qui se réalise à la base, par la base.
Notre volonté de fonder une gauche nouvelle en dehors de la culture d’’appareil nous fait devoir de souligner le courage de celles et ceux qui s’’en sont libérés.

L’’appel à l’’insurrection électorale du 1 février 2007 est l’’acte fondateur d’’une démarche qui s’’est prolongée pendant la campagne des législatives et qui doit, dès maintenant, se poursuivre. Du 1er février au 10 juin, nous avons répété inlassablement notre volonté de construire une gauche nouvelle. Dans un contexte particulièrement difficile dont nous ne sommes pas responsables, mais également avec de multiples erreurs dont nous portons la responsabilité, nous avons cependant rencontré un soutien réel. Certes, ce soutien est modeste, mais il constitue une base de départ suffisante.

Il nous faut maintenant faire vivre l’’espérance suscitée, donner corps à nos ambitions. Mais il faut le faire avec la conscience aiguë de la responsabilité qui est la nôtre et de l’’immensité du défi que nous avons à relever. Cela ne peut se faire dans le cadre de cercles étroits de prétendus spécialistes le plus souvent autoproclamés. Cela ne peut se faire dans la précipitation.

Pendant cet été, il faut que partout, dans tous les coins de France, parmi toutes les composantes de ce peuple multiple et divers qu’’est le peuple de gauche, se réunissent celles et ceux qui se sont impliqués depuis le 1er février. Déjà, plusieurs rassemblements de ce genre sont annoncés. Il faut les multiplier afin qu’ils se tiennent au plus proche des gens et échappent ainsi aux manipulations et aux récupérations des tenants de la culture d’’appareil.

Que partout, des petits groupes réfléchissent à deux questions essentielles :
- Quelles sont les valeurs fondamentales qui nous rassemblent ?
- Quel outil politique faut-il forger pour les porter, les promouvoir et les faire triompher ?

Il nous incombe de vérifier ce que nous avons en commun qui ne peut résulter de compromis et qui ne pourra faire l’’objet de concessions. Ce sont les fondations. Elles doivent être solides, c’’est-à-dire qu’elles ne peuvent souffrir d’’ambiguïtés. Elles sont la garantie d’’une confiance durable entre nous.

Travailler sur l’’outil qui portera nos fondamentaux représente l’’autre défi majeur. Nous devons éviter les erreurs des appareils. Comment agir ensemble dans l’’espace public dans une forme d’’organisation en prise avec les attentes de participation et de codécision d’aujourd’hui ? Cette question est cardinale. Elle ne peut être bâclée. Elle exige de la créativité et de l’’imagination.

Si des dizaines de groupes locaux réfléchissent à ces deux questions, avancent des éléments de réponse, cet été nous aura apporté une belle moisson. Nous serons équipés pour affronter ces assises d’’automne qu’’on nous annonce. Nous serons en capacité d’’écarter ceux dont la pensée s’’est arrêtée en 1917 et qui préparent notre retour sous le joug des vieux appareils avec leurs vieux discours et leurs vieilles recettes qui conduisent toujours aux mêmes échecs.

5. SE RASSEMBLER AUTOUR DE NOS FONDAMENTAUX

Un projet politique fondateur s’appuie sur des valeurs fondamentales qu’’on partage ou qu’’on rejette, mais qui ne peuvent souffrir de compromis.
Pour nous, ces valeurs s’inscrivent dans une vision du monde que résume parfaitement la triple exigence de liberté, d’’égalité et de fraternité. Ces valeurs impliquent un refus de l’’exploitation des humains par d’autres humains. Ces valeurs intègrent totalement le rapport de l’’être humain avec son environnement. Mais énoncer des valeurs est sans effet si, en même temps, on ne formule pas les réponses aux questions que pose aujourd’hui le respect de ces valeurs. Ces questions sont autant de défis. Il nous faut donc les identifier. Et, sans s’’embarrasser des mots et des expressions fétiches qui génèrent les crispations, formuler les réponses pertinentes pour ce début de XXIe siècle.

Si, pour la social-démocratie, être moderne signifie accepter le capitalisme comme l’’ordre naturel des choses, pour nous, être moderne, c’’est répondre à des défis qui passent par une remise en cause du capitalisme et de ses effets.

Il est un défi permanent qui remonte à la nuit des temps : celui de l’’inégalité. Il y a eu et il y a plus que jamais des exploiteurs et des exploités. Aujourd’’hui, comme jamais auparavant, nous disposons des moyens et des ressources pour vaincre l’’inégalité. Mais les formes de la servitude n’ont jamais été aussi sophistiquées qu’’aujourd’hui. Etre moderne, c’’est-à-dire être en prise avec les problèmes de son temps, doit signifier pour nous que cette situation intolérable ne peut plus être tolérée, que l’’égalité, c’’est plus que l’’égalité des chances, c’’est l’’égalité des conditions d’’existence qui offre des chances égales à tous, dès la plus petite enfance, compte tenu des potentialités de chacun.

Il y a un défi nouveau, mais d’’une ampleur considérable : la relation de l’’humain avec son environnement.
Pendant des siècles, dominer les éléments naturels fut un objectif majeur. Il exonérait de toute responsabilité ceux dont la course au profit s’’accompagnait de déprédations en tous genres. Nous avons atteint cet objectif à un point tel qu’aujourd’’hui les équilibres sont rompus, les espèces disparaissent, la planète, telle qu’elle s’’organisait depuis que l’’humain est apparu jusqu’’aux débuts de la révolution industrielle, est en passe de disparaître sans qu’on connaisse exactement les conditions de survie de l’’espèce humaine dans un environnement totalement modifié. Etre moderne, c’’est restaurer d’’urgence l’ordre naturel que nous nous employons à détruire depuis un bon siècle.

Il y a un autre défi qui s’’ajoute à celui de l’inégalité et à celui de l’’environnement, c’’est celui de notre mode de vie. Comment ceux qui ont assez vivent-ils ?
En quoi ce mode de vie est-il rendu possible grâce à la permanence du mode de vie de ceux qui, chez nous comme dans les pays du Sud, n’’ont pas assez ? En quoi le mode de vie de ceux qui ont assez contribue-t-il à la destruction de la planète ? Il nous faut questionner les finalités de la production ; il nous faut questionner la finalité des échanges commerciaux ; il nous faut questionner les finalités de la consommation. _ Etre moderne, c’’est inventer des formes nouvelles de production, d’’échange et de consommation. Des alternatives sont expérimentées déjà et en grand nombre. Il faut s’’en inspirer.

Il y a un défi toujours renouvelé : celui de la démocratie.
La France est un des pays les moins démocratiques des pays de l’’Union européenne. Nous devons mettre en place des instituions qui diffusent le pouvoir à chaque niveau pertinent, qui mettent à chacun de ces niveaux les contre-pouvoirs efficaces, qui organisent la transparence de tous les actes de chaque niveau de pouvoir, qui limitent la délégation et privilégient la participation et la démocratie directe. Mais nous avons aussi besoin d’’une République qui consacre les droits collectifs fondamentaux et rende leur exercice accessible à tous, de la même manière. Des principes énoncés en 1793 (le caractère inaliénable de la propriété collective comme complément indispensable à la propriété individuelle, la révocabilité des élus, le droit au soulèvement contre des lois injustes) doivent être actualisés. Les conditions d’une presse pluraliste totalement indépendante des pouvoirs politiques et économiques doivent être créées. Etre moderne, ce n’’est pas changer de République, mais changer la République.

Il y a un défi que nous impose la transformation du monde en maison commune. Du local au mondial, comment préserver les diversités ? Du village à l’ONU, comment respecter les souverainetés ? Comment éviter que la superposition d’institutions qui font éclater les frontières issues d’une Histoire souvent meurtrière se transforme en une aliénation massive à des autorités sans légitimité, sans contre-pouvoirs, sans contrôle et toujours au service des plus puissants ?
Etre moderne, c’’est à la fois être citoyen-souverain dans son village, dans sa région, dans son pays, dans l’’Europe et dans le monde et combattre toutes les institutions qui altèrent cette souveraineté.

Un autre défi est celui de la mondialisation, c’’est-à-dire la forme présente du capitalisme qui se caractérise par une financiarisation de l’’économie et une dérégulation massive. Au nom du libéralisme économique, cette mondialisation remet en cause même les acquis du libéralisme politique. Elle érige la compétition, la concurrence en ordre naturel des rapports humains et des rapports sociaux.
Contrairement à ce que les élites politico-médiatiques s’’emploient à nous convaincre, il ne s’’agit pas d’’une fatalité. Il s’’agit d’’un choix délibéré de nos gouvernants de droite, mais également de gauche dans la mesure où le mot gauche désigne les sociaux-libéraux. Etre moderne, c’’est refuser d’ériger l’économie de marché dérégulée et financiarisée en modèle incontournable, c’’est refuser d’’imposer au monde une loi du marché qui ne profite qu’’à quelques-uns, c’’est reprendre le contrôle de l’’économie pour la mettre au service des peuples. Etre moderne face à la mondialisation, ce n’est pas déréguler, mais au contraire imposer des règles éthiques, fiscales et sociales aux acteurs financiers, économiques et commerciaux et se doter des moyens de les faire respecter.

Enfin, étroitement lié à ce qui précède au point qu’’on peut se demander s’’il s’’agit d’’un préalable ou d’’une conséquence, se pose la question de la finalité de nos vies et tout ce qui en découle. Comment et à quoi occuper le temps qui nous est donné à vivre ? Comment, dans la liberté de chacun, favoriser l’’émancipation et l’’épanouissement de tous ? Quelle place le travail doit-il occuper dans nos vies ? Quelle valeur et quelle fonction faut-il lui accorder ? A quoi et comment consacrer le temps hors travail ? Questions majeures quand on sait que les idéologies qui prétendaient au plus grand épanouissement individuel ou à la plus grande émancipation collective furent, jusqu’à l’horreur absolue, les plus asservissantes. Etre moderne, c’’est libérer les humains de tout ce qui les conditionne, à commencer par le bourrage de crâne médiatique et publicitaire qui a remplacé, en efficacité, la propagande de la droite.

Il nous appartient de vérifier si nous partageons les mêmes analyses sur ces valeurs fondamentales de telle sorte que notre socle commun génère la confiance qui doit nous rassembler. Il s’agit de questions qui ne peuvent faire l’objet de compromis entre nous comme elles ne pourront faire, par la suite, l’’objet de concessions de notre part. Ne peuvent se rassembler autour de ces valeurs que celles et ceux qui les partagent totalement. Indépendamment du fait qu’ils soient ou non membres d’un parti ou d’un mouvement dit de gauche.

6. FORGER L’’OUTIL DE NOS AMBITIONS

Un de mes maîtres à l’Université m’’a enseigné que « les partis sont des instruments d’’action en raison du but qu’’on poursuit et non des tribus auxquelles il faut être fidèle jusqu’’à la mort et de génération en génération. »
Cette observation, vieille de près d’’un demi siècle, n’’a pas pris une ride. Elle est même plus pertinente que jamais. Un parti ne peut être qu’’un outil. Pas une fin en soi.

Les partis tels qu’’ils sont organisés et tels qu’’ils fonctionnent aujourd’’hui sont nés pendant la deuxième moitié du 19e siècle, à l’’époque du vote censitaire, alors que n’’existait pas l’’instruction obligatoire. Sont-ils encore l’’outil le plus démocratique qui soit ? Ne contribuent-ils pas à la crise de la démocratie ? Comment faire mieux ?

Ce sont des questions que nous devons examiner avec minutie. Avec précaution aussi, tant il est vrai que très souvent les partisans de l’’ordre et des régimes autoritaires ont pris pour cible la démocratie par délégation qui est le mode de fonctionnement des partis comme celui du parlementarisme. Avec lucidité enfin, car ce sont très souvent ceux qui se nourrissent d’’un système qui contestent sa remise en question.

Soyons de bon compte et reconnaissons que notre démocratie est enrayée parce que le principe de la délégation a débouché sur une confiscation de la démocratie elle-même. Les défenseurs de la démocratie partidaire invoquent la légitimité démocratique des partis. Mais où se trouve la démocratie lorsque, sur 44 millions d’électrices et d’électeurs, le choix des candidat(e)s soumis(e)s au suffrage universel est le fait exclusif des membres des partis soit, tous confondus, environ 1,5 % de l’’électorat ?

Le modèle– d’’origine militaire– d’’organisation pyramidale hiérarchisée qui caractérise les partis politiques d’’aujourd’’hui confère à des groupes de plus en plus restreints de personnes des pouvoirs considérables. Le principe de la délégation qui permet le fonctionnement de ce modèle a été à ce point étendu qu’’on éprouve de plus en plus souvent des difficultés à conférer un caractère démocratique à certaines instances. Il en va ainsi, par exemple, du bureau exécutif des partis. Il en va de même de la Commission européenne. Car, et c’’est bien là un des dangers d’’un système qui reproduit ses propres pratiques, les partis génèrent des institutions à leur image.

En un mot comme en cent, au nom de la démocratie, on peut et on doit questionner aujourd’hui l’’organisation, le fonctionnement et le rôle des partis politiques. D’autres que nous, comme par exemple les Verts, l’’ont fait. Avec beaucoup de bonne foi et d’’idéal. Ils voulaient « faire de la politique autrement ». Il nous faut soigneusement étudier les raisons de leur échec. Pour ne pas le connaître à notre tour.

Après plus de cent ans d’’instruction obligatoire, avec le suffrage universel, les citoyennes et les citoyens aspirent à autre chose que de signer un chèque en blanc à des délégués dans un parti ou à des élus dans la commune, le département, la région, le pays ou l’’Europe.
La politique n’’est plus acceptée comme l’’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde, même si de très nombreux acteurs politiques agissent encore comme s’’il en allait ainsi. Il y a un intense besoin d’’une information complète et donc de transparence sur les choix et la manière dont ils sont pris. Il y a un intense besoin d’être associé à l’’élaboration de ces choix et donc de participation. Il y a un intense besoin d’’être décideur et donc de démocratie directe. Ce sont ces attentes auxquelles il nous faut répondre en forgeant le nouvel outil politique qui portera les ambitions de la gauche nouvelle.

Il n’y a pas de modèle. Tout est à inventer. Même si le mouvement altermondialiste nous a fourni beaucoup d’’exemples concrets du caractère démocratique et de l’’efficacité du travail en réseaux, cette source d’’inspiration n’’apporte pas toutes les réponses. Nous sommes devant une page presque blanche. Nous devons inventer. N’’est-il pas de plus belle cause ?

7. UN NOUVEAU RENDEZ-VOUS A NE PAS MANQUER

Un rendez-vous majeur avec l’’Histoire a été manqué en décembre 2006.
Nous ne portons aucune responsabilité dans l’’échec de la démarche unitaire.

Dans un mode plus modeste, celui des commencements, des aubes qui se lèvent, nous sommes par contre totalement responsables de l’’avenir que nous allons donner à la dynamique portée à partir du 1er février par des milliers de femmes et d’hommes hors des appareils ou qui en ont refusé la logique.

Certains, qui avaient joué un rôle dans la configuration unitaire de l’Appel du 11 mai 2006, veulent tuer dans l’Œ’œuf notre démarche parce que, pour eux, rien ne peut se concevoir en dehors d’’un cartel d’’appareils.
D’’emblée, ils désignent notre projet comme la création d’’une « nouvelle petite organisation politique ». Incapables, intellectuellement, de concevoir de nouvelles formes d’’action politique collective, incapables, politiquement, d’’accepter que des femmes et des hommes sans appartenance à un parti –les plus nombreux dans notre société – puissent constituer un courant politique qui soit autre chose qu’’un groupuscule, ils utilisent le vieux chantage à l’’unité en nous désignant comme diviseurs d’’une unité qu’ils ont été incapables de faire aboutir.

L’’unité est notre ambition. Mais c’’est une ambition trop nécessaire pour qu’elle soit confiée à ceux qui l’’ont tuée en 2006. C’’est une ambition trop belle pour qu’elle soit laissée à ceux dont le goût du pouvoir – fut-il celui de leader d’une coterie– ou les appétits de carrière (les municipales sont proches) constituent la seule véritable motivation.

Nous saisissons l’’occasion qui nous est donnée par le champ de ruines que représente aujourd’’hui ce qu’’on a appelé la gauche pour construire une gauche nouvelle. Sur des bases différentes. A partir des gens. Les rencontres de cet été comme le rendez-vous de l’’automne nous convoquent. _ Sachons, avec détermination et constance, faire prévaloir les exigences de cette gauche nouvelle.

Raoul Marc JENNAR
15 juin 2007
http://www.urfig.org/francais.htm

"La construction européenne est a-démocratique" interview de Raul Marc Jennar http://www.legrandsoir.info

http://pierrebrest.free.fr/constitution/jennar/

PS. Invité depuis janvier en Allemagne pour intervenir dans un colloque sur l’Europe, je ne pourrai être présent les 23-24 juin à Paris/St Denis à la réunion des « délégués » de collectifs/comités locaux à la composition incertaine. Les idées qui précèdent sont celles que j’aurais défendues dans cette enceinte dont la légitimité devient très relative, même si ceux qui s’efforcent d’en assurer la continuité méritent toute notre estime.

http://www.unisavecbove.org

Par Gauche Alternative 06
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