Dimanche 11 novembre 2007
Noms proposés :


- CAUL : Collectifs pour une Alternative Unitaire au Libéralisme

- CAP à Gauche : Convergence pour une Alternative Politique à Gauche

- EGAL : Ensemble pour une Gauche Alternative au Libéralisme


Ce sont ces trois noms qui ont, après un débat assez diversifié, le plus suscité l'intérêt de la coordination.


D'autres noms ont été proposés :

- EGALES : Ensemble pour une Gauche Alternative au Libéralisme, Ecologique et Sociale
- CUGAL : Collectifs Unitaires pour une Gauche Alternative au Libéralisme
- CAGUL : Collectifs pour une Alternative de Gauche Unitaire au Libéralisme
- Unitaires
- les Collectifs
- CUAL : Collectifs Unitaires pour une Alternative au Libéralisme
- Gauche Alternative
- GSU : Gauche Solidaire Unitaire

Nous vous demandons de lister deux de ces noms par ordre préférentiel et de nous adresser votre choix avant le lundi 19 novembre à midi à AUsecretariat@ras.eu.org.
Il faut en effet que les solutions qui émergent puissent être fixées et connues avant la tenue des Assises elles-mêmes.

Merci !
Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 11 novembre 2007



Version du 03/11/07
Remarque de caractère général : nous avons eu davantage de débats de fond que d’amendements précis. Les débats se sont centrés sur le rapport entre la souveraineté des collectifs et la nécessité de travailler ensemble.
Ils ont également porté sur le mode de fonctionnement des collectifs entre ceux qui souhaitent un fonctionnement de type associatif et ceux qui ne souhaitent pas se déclarer en association avec des adhérent-es et des cotisations. Cela pose bien entendu la question des moyens financiers de la coordination nationale. Cette question a été abordée par le collectif de Landerneau et celui de Paris 12e qui souhaitaient un pourcentage sur les cotisations et les collectifs de Tours et du Val-de-Marne qui souhaitaient plutôt un appel de fonds en fonction des besoins en partant d’un budget établi par la coordination nationale en début d’année.
Certaines contributions au débat (celles de Frédéric Pic, de Laurent Lévy , de Paris 18e ou de Bordeaux) souhaitent soit que l’on ne s’interdise pas de créer un nouveau parti politique ou inversement que nous affirmions notre volonté de ne pas créer un nouveau parti politique.
Le texte politique affirme notre volonté que se construise une force politique nouvelle qui rassemble toutes les forces de la gauche de transformation sociale dans leur diversité. Les formes de cette nouvelle force restent à définir. Le but de notre charte est limité à formaliser nos principes de fonctionnement pour qu’ils soient plus démocratiques et plus efficaces pour notre regroupement. La souveraineté affirmée des collectifs à la coordination nationale, le fonctionnement non hiérarchique de nos structures ne correspondent en rien au fonctionnement d’un parti politique. Cette articulation entre texte politique et charte devrait faire consensus entre les un-es et les autres.
Des amendements comme celui de Saint-Étienne proposaient que nous déterminions des rotations pour la représentation des collectifs, nous pensons que cette rotation est nécessaire mais qu’en même temps il est nécessaire de garder une certaine continuité de la représentation pour préserver une l’efficacité de notre travail.
Par ailleurs, le principe de souveraineté des collectifs supposent qu’ils déterminent eux-mêmes leur représentation.



[Le texte Préliminaires est supprimé et sera remplacé par le texte politique ainsi que nous en avions décidé lors de la coordination de septembre.]


[1] I – COLLECTIFS

Dans ce chapitre nous avons supprimé le terme militant pour marquer une rupture avec les partis politiques, nous avons supprimé le terme adhèrent car il n’y pas obligatoirement d’adhésions. Nous avons supprimé le qualificatif « unitaires antilibéraux » dans tous le texte car nous n’aurons peut être plus ce nom. Nous avons remplacé le terme autonome par souverain comme nous en avions décidé en septembre. Le paragraphe relatif aux litiges a été également supprimé

[2] Le regroupement fédère des collectifs politiquement souverains. Les collectifs contribuent à la définition de l’orientation du regroupement à travers leur activité propre comme à travers leur contribution à la coordination nationale et aux autres coordinations de collectifs. Ils peuvent se constituer sur la base d’un secteur géographique, d’une entreprise, d’un établissement ou d’un thème.

[3] Les collectifs définissent eux-mêmes leurs modalités de fonctionnement. Ils ont le souci de rendre possible la participation de toutes et de tous. Ils sont invités à rédiger une charte ou tout autre document présentant le mode d’organisation qu’ils ont choisi.

[4] Sont partie prenante du regroupement les collectifs qui se reconnaissent dans les grandes lignes des textes politiques généraux adoptés par ses Assises, et décident de participer à la coordination nationale

[5] Ils peuvent décider de se donner la personnalité morale par la création d’une association.

[6] Ils sont invités à se doter d’une adresse électronique, dont ils déterminent librement l’accès et l’utilisation par les militant-es qu’ils désignent à cette fin. Cette adresse est celle du collectif pour les autres organes du regroupement.

[7] Les collectifs sont invités à faire connaître à la coordination de leur zone géographique, leur existence, leur activité, leur mode d’organisation et de fonctionnement.


[8] II – COORDINATIONS DE COLLECTIFS

[9] Là où existent plusieurs collectifs, ils sont invités à créer une coordination.

[10] Les modalités de fonctionnement ainsi que les règles de représentation des collectifs au sein des coordinations sont déterminées par les collectifs qui les composent.

[11] Les coordinations ne constituent pas une structure hiérarchique, leurs décisions ne s’imposent pas aux collectifs.

[12] Elles coordonnent sur leur territoire l’activité des collectifs existants, suscitent dans la mesure du possible la création de nouveaux collectifs, elles informent la coordination nationale de leur existence et de l’activité du regroupement dans leur zone géographique.

[13] Les coordinations ont le souci de la démocratie interne du regroupement. Elles établissent un compte-rendu des réunions de la coordination qui sera mis à la disposition de l’ensemble des participant-es. Les représentant-es des collectifs rendent également compte à leurs collectifs de l’ensemble des débats de la coordination.


[14] III – COORDINATION NATIONALE DES COLLECTIFS

Dans ce chapitre nous avons modifié comme décidé lors de la coordination le nombre de délégué-es, porté à deux. Nous avons essayé d’équilibrer entre la nécessaire rotation des délégués et la continuité du travail. Nous avons abandonné la notion de majorité qualifiée et maintenu le terme de consensus.
Nous avons par contre ajouté la notion de seuil de 20% des collectifs pour convoquer une réunion exceptionnelle Nous avons développé la notion de liste de diffusion

[15] Les collectifs se sont dotés d’une coordination nationale qui leur permet d’agir de manière coordonnée sur les objectifs qu’ils se sont eux-mêmes donnés. Chaque collectif y est représenté par deux délégué-es. Toutefois, plusieurs collectifs peuvent mutualiser leurs moyens pour se doter d’une délégation commune. Les collectifs peuvent également mandater la coordination de collectifs à laquelle ils participent de désigner des délégué-es pour l’ensemble des collectifs qui la composent.

[16] La coordination nationale des collectifs s’efforce de développer le regroupement.

[17] La coordination nationale des collectifs est seule habilitée à s’exprimer au nom du regroupement dans son ensemble. Elle peut déléguer cette compétence au collectif national d’animation.

[18] La coordination nationale se réunit une fois par trimestre, elle peut se réunir exceptionnellement à la demande de 20% des collectifs.

[19] Les décisions de la coordination nationale engagent le regroupement à l’égard de ses partenaires comme du public ; les collectifs et les coordinations locales sont invités à les suivre, mais n’y sont pas tenus.

[20] Les décisions sont prises au consensus, ce qui ne signifie pas nécessairement à l’unanimité. En cas de divergences irréductibles significatives, l’ensemble des structures du regroupement en est tenu informé de manière à ce que chacun-e s’attache à résoudre le problème ainsi posé.

[21] Un compte-rendu des réunions de la coordination nationale sera systématiquement établi pour être mis à la disposition de l’ensemble des collectifs. Les représentant-es des collectifs rendent également compte à leurs collectifs de l’ensemble des débats de la coordination.

[22] Une liste de diffusion électronique à laquelle sont abonnés tous les collectifs constitue le prolongement de la coordination nationale. Cette liste permet le cas échéant aux collectifs d’échanger leurs expériences et réflexions, et permet au collectif national d’animation, entre deux réunions de la coordination nationale, de solliciter l’avis des collectifs ou de susciter un débat qui ne peut attendre la prochaine réunion.

[23] Aucun changement d’orientation du regroupement ne peut toutefois résulter d’un simple échange sur la liste de diffusion ; il suppose une réunion, soit ordinaire soit extraordinaire de la coordination nationale.


[24] IV – COLLECTIF NATIONAL D’ANIMATION


Dans ce chapitre nous avons retiré l’ex-§ 28 (sur les zones géographiques), ce qui situe le choix des membres du collectif national d’animation au niveau de la coordination nationale. La fréquence du collectif national d’animation située à une fois par mois au moins nous parait difficile à tenir. Il nous semble que ses membres doivent être issus de la coordination nationale, les paragraphes (ex-§  30) relatifs à leur autonomie sont supprimés.

[25] Le collectif national d’animation est l’exécutif de la coordination Il est élu par elle et se réunit chaque fois qu’il le juge nécessaire. Il est constitué de (40 à 60) membres

[26] Les membres du collectif national d’animation rendent compte d’une réunion sur l’autre de leur mandat à la coordination nationale.

[27] Il met en oeuvre les décisions de la coordination nationale

[28] Il s’exprime au nom du regroupement par délégation expresse de la coordination nationale. Il peut désigner en son sein plusieurs porte-parole, différent-es en fonction des domaines considérés, et choisi-es chacun-e en fonction de sa compétence particulière dans un domaine particulier.

[29] Il s’adjoint, sous sa responsabilité, différentes commissions chargées de travailler sur des points particuliers. Il peut également, de façon ponctuelle, demander le concours de tel ou telle militant-e de son choix.

[30] Le collectif national d’animation propose l’ordre du jour de la prochaine réunion de la coordination nationale des collectifs unitaires locaux, en tenant compte des résolutions déjà prises à cet égard par cette dernière, et des remarques ou propositions émanant de collectifs, ou de coordinations de collectifs.

[31] Cet ordre du jour est transmis à la liste de diffusion de la coordination nationale quinze jours avant la réunion ; les points complémentaires qui se révèleraient ultérieurement opportuns sont indiqués à ses membres sans délai. L’ordre du jour définitif est arrêté par le collectif national d’animation.

[32] Le collectif national d’animation s’efforce dans toute la mesure du possible de prendre ses décisions au consensus. Toutefois, en cas de risque de blocage il informe sans délai, par la liste les membres de la coordination nationale des collectifs unitaires locaux des divergences qui surgiraient entre ses membres.

[33] En cas de divergence qui bloquerait le fonctionnement du regroupement, il peut demander une réunion en urgence la coordination nationale des collectifs unitaires locaux. Cette réunion peut être valablement convoquée par le quart des membres du collectif national d’animation

[34] Une liste de discussion électronique permet aux membres du collectif national d’animation de rester en contact dans l’intervalle de ses réunions.

[35] Le collectif national d’animation se dote d’un secrétariat permanent, il détermine le nombre de ses membres, ceux-ci choisissent de se rendre largement disponibles pour contribuer à assurer l’activité quotidienne du regroupement.

[36] Le secrétariat se réunit physiquement chaque semaine, et reste en liaison permanente, entre autres à travers une liste de diffusion électronique.

[37] Il prépare les réunions du collectif national d’animation, et assure le suivi de ses décisions.

[38] Le collectif national d’animation est le référent de tous les collectifs et de tous les collectifs de coordination, pour tout ce qui concerne le fonctionnement du regroupement entre chaque coordination. Il prend en charge le recensement des collectifs, des coordinations locales et des nouveaux collectifs.


[39] V – GROUPES DE TRAVAIL

[40] Le collectif national d’animation s’appuie sur des groupes de travail. Les groupes de travail sont créés par la coordination nationale, qui désigne au sein du collectif national d’animation les personnes qui en sont responsables. toutefois, le collectif national d’animation est compétent pour pourvoir au remplacement d’un-e responsable démissionnaire ou empêché-e, ou pour créer entre deux réunions de la coordination nationale de nouveaux groupes de travail et en désigner en son sein les responsables dans l’attente de la prochaine réunion.

[41] Les productions des groupes de travail ne sont pas rendues publiques tant qu’elles n’ont pas été débattues et validées par le collectif national d’animation.


[42] V bis – LE SECRÉTARIAT

Ce chapitre reste à écrire.


[43] VI – COMMUNICATION ET INTERNET

Ce chapitre comporte une seule modification relative à la liste de diffusion de la coordination nationale

[44] Le collectif national d’animation prend en charge la communication du regroupement et les outils Internet dont il dispose. Il désigne en particulier le comité de rédaction du site Internet du mouvement et les administrateur-rices et modérateur-rices des listes nationales de diffusion et de discussion.

[45] La politique générale du site est définie par le collectif national d’animation et mise en œuvre par le comité de rédaction.

[46] En cas de besoin, le comité de rédaction peut s’adresser au collectif national d’animation, lorsque les choix à effectuer lui semblent soulever des problèmes touchant à l’orientation du mouvement ou à des initiatives particulières.

[47] D’une façon générale, compte tenu du fait que le site Internet est la vitrine publique du mouvement, le comité de rédaction prend le plus grand soin de ses relations avec le collectif national d’animation et du respect des orientations définies collectivement.

[48] Les coordinations de collectifs et les groupes de travail disposent de "pages" ou de "secteurs" propres sur le site. Les comptes rendus des réunions de la coordination nationale des collectifs unitaires locaux, et les décisions du collectif national d’animation font l’objet de publications sur le site.

[49] Les différents collectifs enregistrés et les membres des groupes de travail communiquent entre eux de la manière qu’ils jugent la plus appropriée. Une liste de discussion et de diffusion est mise en place en direction des collectifs. Chaque collectif ayant une adresse particulière, elle permet de créer un outil de travail électronique permanent de la coordination nationale. Dans tous les cas où cela s’avère utile, il est créé à cette fin des listes électroniques nationales de discussion ou de diffusion.

[50] Les listes de diffusion et de discussion sont régies par des "règles de bonne conduite" portées à la connaissance de tou-tes leurs abonné-es. Elles sont gérées de telle sorte qu’il n’en résulte aucune exclusion de fait de l’un ou l’une de ses membres, sauf ce qui sera dit ci-après quant à la résolution des litiges.

[51] Une liste de diffusion permettant d’adresser à tou-tes les militant-es ayant laissé une adresse électronique est alimentée régulièrement en fonction de l’activité du regroupement. Le compte-rendu des réunions de la coordination nationale des collectifs unitaires locaux, les décisions du collectif national d’animation sont en particulier portés par ce moyen à la connaissance de tou-tes.


[52] VII – TRÉSORERIE – FINANCES

Les discussions sur les finances entre ceux qui pensent les collectifs constitués en association et ceux qui ne le veulent pas nous amènent à cette conception.

[53] Les collectifs se dotent librement des moyens qu’ils jugent utiles à leur action. Ils peuvent mutualiser ces moyens dans le cadre des collectifs de coordination qu’ils constituent. Ils prennent toute initiative utile à rassembler des fonds, tant pour eux-mêmes que pour le regroupement dans son ensemble.

[54] Ils contribuent dans les conditions qu’ils déterminent en accord avec la coordination nationale aux moyens du regroupement, sur la base d’un budget établi chaque année, et le cas échéant sur la base d’un budget complémentaire établi pour les besoin d’une initiative particulière.

[55] La coordination nationale et le collectif national d’animation sont habilités à prendre toute décision permettant au regroupement de disposer des moyens matériels nécessaires à son activité. Les fonds rassemblés par leurs initiatives servent à l’activité nationale du regroupement, aux frais de fonctionnement des collectifs nationaux et des groupes de travail, et peuvent être pour partie reversés aux autres collectifs pour les besoins de leur activité, en fonction des besoins exprimés, des initiatives prévues, des moyens disponibles, et des intérêts généraux

[56] Deux trésorier-es sont désigné-es au sein du collectif national d’animation et se chargent des mouvements de fonds – encaissements et dépenses – sur les instructions qui lui sont données par le collectif national d’animation.


[La partie VIII sur les litiges est mise en annexe car certain-es l’estiment nécessaire alors que d’autres pensent que cela ressemble trop au mode de fonctionnement d’un parti.]


[57] IX – ASSOCIATION « XXX »

[58] Indépendamment du choix des divers collectifs, dans le cadre de leur souveraineté, de se constituer en associations, il existe une association « XXX » qui, sous la responsabilité du collectif national d’animation, permet au regroupement d’agir sous le couvert d’une personne morale.


[59] X – SIÈGE

[60] Le siège du regroupement est fixé à [adresse postale].
[61] Son adresse électronique est : [adresse électronique].


[62] XI – MODIFICATIONS - DURÉE

[63] La présente charte adoptée lors des assises nationale de notre regroupement les 1 et 2 décembre 2007 détermine un mode de fonctionnement et d’organisation pour la période à venir qui a vocation à évoluer.

[64] Ses dispositions ne pourront être modifiés que par la coordination nationale.
ANNEXES


VIII – LITIGES

Les litiges survenant entre militant-es d’un même collectif sont soumis à ce collectif. Les litiges entre des militant-es et leur collectif sont soumis à la coordination de collectifs dont ce collectif fait partie, et à défaut au collectif national d’animation.

Dans les cas les plus graves, et en cas de litiges irréductibles, la désaffiliation d’un collectif ou l’exclusion d’un-e militant-e peut être prononcée par la coordination nationale, qui peut déléguer à une commission ad hoc le soin de trancher le litige.

Aucune mesure ne peut être prise sans que les militant-es ou collectifs qui en font l’objet n’aient été mis en mesure de s’expliquer dans le cadre d’une procédure contradictoire.
Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 11 novembre 2007



Version du 31/10/07
Cette version est le fruit des réécritures successives, par le secrétariat et les rapporteur-ses, à partir ce qui ressortait des synthèses sur le projet de texte politique lors des ateliers des coordinations de septembre et octobre.
Les collectifs peuvent présenter des amendements sur cette nouvelle version jusqu’au lundi 19 novembre à midi à AUsecretariat@ras.eu.org.
Plusieurs amendements ont déjà été présentés et ont pu rencontrer un écho particulier lors des coordinations sans pour autant faire accord et appellent donc un débat plus long et élargi. Ils sont présentés en annexe de ce projet, avec l’indication dans le texte de leur emplacement, en rouge.
Enfin, en conclusion du § 9, la question d’un bilan plus détaillé de la précédente séquence électorale a été posée. Il n’est pas apparu de façon évidente que ce texte en était le lieu. Il a donc été suggéré de procéder par contributions à part, mais là aussi le débat reste ouvert.



[1] La mondialisation capitaliste, étroitement liée aux politiques de domination des pays riches, sème le chaos et menace la planète.

[2] La puissance des marchés financiers, la suraccumulation des profits pour l’enrichissement sans bornes d’une infime minorité, la misère, le chômage et la précarité pour les deux tiers de l’humanité, le productivisme destructeur des équilibres écologiques et des structures quotidienne des relations collectives, la généralisation du règlement des conflits par la guerre appellent une rupture à l’échelle du monde entier. Après avoir étendu l’exploitation du travail à toutes les activités productrices de biens et de services, le capitalisme néo-libéral prétend transformer toutes les activités de la vie humaine en marchandise, la privatisation des services publics, le démantèlement de la protection sociale, l’abolition du droit du travail.
[Ici un ajout est proposé par le 1er amendement de Grenoble sud-est]

[3] Il y a urgence à stopper cette logique dévastatrice. Il y a urgence à ce que les peuples interviennent. Dans de nombreux pays, y compris en Europe, la résistance tente de s’organiser. Toutefois, l’actuelle construction européenne, loin de constituer une défense, comme certain-es l’ont cru, participe à cette mondialisation capitaliste. C’est une machine à broyer la souveraineté populaire, qui conforte le pouvoir des firmes transnationales, des fonds de pension, des marchés financiers. En France, la victoire de Sarkozy va se traduire par une tentative d’accentuation systématique de ces politiques.


[4] La victoire de Sarkozy : un projet autoritaire et néo-libéral pour mettre la France au pas à l’heure de la mondialisation

[5] La politique de la majorité de droite, applaudie par le MEDEF, s’affiche pour ce qu’elle est : un projet autoritaire et néo-libéral systématique qui vise à mettre la France au pas à l’heure de la mondialisation. Franchise médicale, bouclier fiscal pour les plus riches, exonération des droits de succession des gros patrimoines, défiscalisation et suppression des cotisations pour les heures supplémentaires, limitations du droit de grève (notamment par l’instauration du service minimum dans les transports), dépénalisation des délits en matière de droit des affaires, xénophobie d'État contre les étranger-es, durcissement du traitement de la récidive, alourdissement du régime pénal des mineurs, privatisation de GDF, TVA sociale, soumission des universités à une privatisation de plus en plus criante, suppression de 11 000 postes dans l’éducation nationale, suppression des régimes spéciaux de retraite, tentative de faire passer la substance du traité constitutionnel européen rejeté, courbettes à Bush : rarement un programme a aussi ouvertement présenté ses choix sociaux : favorable aux plus riches et au patronat, hostile aux plus démuni-es, répressif, réactionnaire, dangereux.

[6] Pourtant, cette victoire n’était pas inéluctable. Notre pays avait manifesté à de nombreuses reprises sont refus du néo-libéralisme. Que s’est-il passé ?

[7] Pour certain-es, « la France est à droite ». Une telle affirmation rend incompréhensible l’histoire politique et sociale de ces vingt-cinq dernières années, y compris les plus récentes. À droite, la France qui soutient les grèves de 1995 et se mobilise pour la défense des retraites ? À droite, le Non à l’Europe néo-libérale ? À droite, la France qui défend les services publics, inflige une cinglante défaite à la droite aux élections européennes et régionales, rejette le CPE ? Cela n’a pas plus de sens de prétendre que la France est à droite qu’il y en aurait à affirmer qu’elle est à gauche : ce qui rendrait la victoire de Sarkozy à son tour incompréhensible. À droite ou à gauche les révoltes des jeunes des quartiers populaires ? Ni l’un ni l’autre évidemment, mais elles traduisaient bien le caractère devenu insupportable de leur situation.

[8] Non. La réalité est plus complexe et instable. Notre pays est confronté à la violence du capitalisme mondial. Presque toutes les couches sociales sont traversées par des mouvements et des aspirations contradictoires. Cela produit une grande nervosité politique. Nombreux-ses sont celles et ceux qui cherchent une issue, d’un côté puis de l’autre.

[9] Sarkozy a gagné sur une promesse de volontarisme politique et d’efficacité. Son habileté et, surtout, l’incapacité de la gauche lui ont permis d’incarner le changement, y compris pour une partie des couches populaires. Cette situation n’a été rendue possible que par la faillite de la gauche. Faillite de sa composante sociale-libérale : il est une fois de plus démontré que l’orientation majoritaire du PS, qui refuse de rompre avec le néo-libéralisme, ne permet pas de mobiliser suffisamment les couches populaires et d’entraîner le pays. La tentation d’alliance au centre aggrave les choses. Échec aussi de la gauche anti-libérale, de la gauche de transformation sociale qui ne pouvait incarner une alternative dans la dispersion.


[10] Rassembler la gauche de transformation sociale

[11] Cette défaite est grave et profonde. Alors que faire ? Il faut immédiatement aider à l’organisation de toutes les formes de résistance à la politique de la droite et du patronat.

[12] Résister, démystifier, convaincre, construire. Organiser bien sûr la résistance aux coups qui vont tomber, avec toutes les forces disponibles. Mais cela ne peut suffire. Le désarroi exige un travail en profondeur. La mystification sarkozyste doit être démontée, y compris sur le plan idéologique. Il faut nous adresser à celles et ceux qu’elle a ébranlés. Cela ne sera vraiment possible qu’avec le rassemblement sur un programme de rupture de la gauche de transformation sociale.

[13] Si la France n’est pas à droite, elle pourrait le devenir. Elle le deviendra si la gauche s’avère durablement incapable d’apporter une réponse crédible aux maux de notre société et aux problèmes des couches populaires. Là est la question centrale.

[14] Cela ne viendra pas des sociaux-libéraux. Face aux mesures de Sarkozy, la direction du PS est aphone. Elle critique la méthode mais peine à se démarquer sur le fond. Loin de tirer le bilan de la période écoulée depuis le 21 avril 2002 et la victoire du Non au référendum, ses principaux responsables proposent une rénovation qui veut dire encore plus d’adaptation à la mondialisation néo-libérale, plus de concessions aux diktats des puissances économiques dominantes. La solution ne peut être de ce côté. Elle ne peut venir non plus d’une reconstitution de l’ex-gauche plurielle. Encore moins d’une ouverture au centre encore plus accentuée.

[15] Dans ces conditions, la responsabilité de la gauche anti-libérale, de la gauche qui ne renonce pas à la transformation sociale, est considérable.

[16] Il est indispensable d’approfondir le débat sur le projet et les propositions. Il faut tirer le bilan du double échec stratégique dont nous héritons. Parmi les tentatives de transformation révolutionnaire, certaines ont dégénéré et d’autres ont buté sur leur isolement. Les sociaux-démocrates qui prétendaient dépasser le capitalisme par une accumulation de réformes structurelles se sont finalement adaptés à lui. Avec la démocratie chrétienne, ils-elles ont été co-auteur-es de la conception néo-libérale de la construction européenne. Ils-elles se sont massivement convertis au social-libéralisme. Nous devons tirer le bilan de ce double échec qui nourrit un doute profond. Nous devons montrer qu’une toute autre politique est possible dans le monde actuel, avec ses mutations, ses dangers, ses défis.

[17] Cela n’a rien d’incantatoire, malgré la victoire de la droite. Nombre des propositions que nous partageons avec toute la gauche de transformation sociale, en lien avec l’expérience du mouvement social, sont déjà majoritaires dans les attentes exprimées par la population : souveraineté populaire, services publics, protection sociale, pour un type de développement prenant en compte à la fois les urgences sociales et l’avenir de la planète, pour une autre Europe, pour une politique de paix et le refus de la soumission à la politique des États-unis.

[18] Mais ce travail ne sera véritablement utile et même ne pourra être véritablement effectué que si se construit une force capable de porter une telle politique de transformation, d’agir et de poursuivre la réflexion et le débat. les perspectives qui paraissent justes ne peuvent s’affirmer, se consolider, devenir une alternative effective sans que les conditions mêmes de l’activité politique changent : il est indispensable que se développent d’amples débats populaires, inséparables des luttes de rejet des mesures de la droite et du patronat. La conviction qu’un autre monde est possible se forgera au quotidien, au cœur des mouvements sociaux. Elle est inséparable d’une perspective unitaire de toutes les forces de la gauche de transformation sociale. Sans une telle force, les meilleures propositions ne pourront créer une dynamique politique majoritaire à gauche et dans le pays.

[19] Voilà pourquoi, malgré l’échec dramatique de l’unité lors des élections, nous ne devons pas et nous ne pouvons pas renoncer à l’objectif que s’étaient fixés les collectifs dès leur origine : le rassemblement durable de toutes les forces de la gauche de transformation sociale dans leur diversité pour déboucher sur une nouvelle force politique que la situation réclame. Les formes de cette nouvelle force restent à définir : nouveau parti, rassemblement d’un nouveau type dans lequel cohabiteraient des regroupements différents, etc. Cela reste à débattre. Voilà pourquoi, lors des Assises, nous décidons de proposer à l’ensemble de ces forces de préparer des États généraux de la gauche de transformation sociale afin de construire ce rassemblement. Quelles sont ces forces ? Il s’agit de forces politiques allant de la gauche du Parti socialiste à l’extrême gauche en passant par la gauche des Verts, le Parti communiste. Mais aussi de réseaux, d’associations du mouvement social et de milliers de militant-es associatif-ves ou syndicaux-les, de citoyen-nes non-organisé-es qui aspirent à la création d’un tel rassemblement. Vu l’urgence politique, il est souhaitable que ces États généraux se réunissent en 2008 afin de lancer cette nouvelle force le plus rapidement possible.

[20] Nous ne partons pas de rien. Des exigences portées par les luttes depuis novembre-décembre 1995 au 29 mai, une possibilité d’alternative aux politiques néo-libérales se dessinait Cela a été traduit en plusieurs temps, par la charte des collectifs du 29 mai puis par les 125 propositions des collectifs unitaires qui font partie de nos acquis et constituent des références fortes et des points de départ. Il faut, oui, avec la même urgence :

[21] Changer l’ordre des priorités : ne pas subordonner la vie de tou-tes et l’avenir de la planète à l’accumulation des profits par quelques-un-es ; combattre tous les systèmes de domination, considérer que la société est la fin et l’économie le moyen ; envisager un nouveau développement plus égalitaire [une réécriture de ce membre de phrase est proposée par le 2e amendement de Grenoble sud-est], dans le respect d’une contrainte forte, celle de la rareté des biens et ressources mondiales, en premier lieu l’énergie. Cela nécessite un changement radical de perspective politique, sociale, culturelle et bien évidemment économique et écologique. Cela implique en premier lieu un emploi et sa stabilité, des revenus suffisants, un socle de droits individuels et collectifs dont l’effectivité est garantie par la puissance publique.

[22] Se doter de moyens pour affirmer une volonté collective et impulser un nouveau type de développement, en remettant en cause [une réécriture du début de ce § est proposée par le 3e amendement de Grenoble sud-est] la spirale des privatisations, en restaurant, en étendant et en démocratisant les services publics, en confortant l’économie sociale et solidaire, en donnant de nouveaux droits aux salarié-es dans les entreprises. L’objectif de la vie économique ne doit pas être la croissance pour elle-même, mais le développement des capacités humaines ; le critère ne doit pas être la rentabilité financière, mais l’utilité sociale des activités et des productions et l’épanouissement de chacun-e.

[23] Changer les priorités économiques et sociales, en produisant autrement, en répartissant autrement les richesses disponibles, en orientant les ressources autrement, pour la satisfaction des besoins sociaux et environnementaux

[24] Reconnaître l’urgence environnementale, en remettant en cause le productivisme du modèle de développement capitaliste, en réaffirmant le lien nécessaire entre justice sociale et préservation de l’environnement, en abordant de façon démocratique et sociale les enjeux et les défis du réchauffement de la planète.

[25] Faire de la démocratie le but et le moyen prioritaires de l’exercice du pouvoir Dans l’immédiat, cela signifie d’ouvrir la voie à une VIe république démocratique et sociale, représentative et participative, laïque et émancipatrice ; en affirmant la primauté des droits, du bien commun et de l’intérêt général ; en cassant la logique de confiscation des pouvoirs, en étendant la logique démocratique au monde de l’entreprise. En reconnaissant tous les droits civiques et politiques aux étranger-es résident-es.
[Ici un ajout est proposé par le 4e amendement de Grenoble sud-est]

[26] Changer radicalement la place des femmes, en combattant toute discrimination de sexe, en luttant contre la domination patriarcale, en considérant que l’émancipation féminine, qui ne concerne pas un groupe mais l’égalité dans la société tout entière, est un élément fondamental de la transformation sociale.

[27] Engager véritablement la lutte pour l’égalité, contre toutes les formes de racisme et contre les discriminations héritées du passé colonial.

[28] Changer la donne pour les jeunes, en intégrant la question de leur place, de leur rôle et de leur avenir comme une question politique majeure. Leurs conditions de vie, de travail et d’étude seront sensiblement améliorées, les solidarités intergénérationnelles seront réaffirmées.

[29] Changer la donne du partage des connaissances et des cultures. Combattre les inégalités scolaires, ouvrir à toutes et à tous les arts et œuvres de l’esprit ; permettre à chacun-e de maîtriser toutes les technologies de communication ; développer une démocratie culturelle associant citoyens et professionnels ; promouvoir le principe d’exception culturelle pour tous les peuples, afin de protéger la diversité culturelle en la mettant à l’abri des règles du marché ; se donner les moyens d’une véritable éducation populaire.

[30] Changer la réalité et l’avenir de l’Europe. Nous ne laisserons pas les règles néo-libérales européennes étouffer notre action de transformation. Nous mènerons bataille, en prenant appui sur les autres peuples, pour une transformation profonde de la construction européenne. Nous refusons le nouveau traité, dit "simplifié", dans la stricte continuité avec le TCE.

[31] Changer les relations internationales aussi. Nous voulons que la France joue un tout autre rôle en Europe et dans le monde, en refusant la logique de la guerre économique et de la guerre sans fin et sans limite, en agissant non comme une puissance impériale mais comme un ferment de paix, de justice, de solidarité et de démocratie. Nous voulons qu’elle contribue au développement économiquement et écologiquement responsable de la planète.

[32] Pour nous, la satisfaction des besoins et la création d’emplois stables ne sont pas des coûts ou des contraintes qui s’opposent à l’efficacité économique. Tout au contraire, la justice est la condition de l’efficacité dans un nouveau mode de développement, attentif avant tout aux êtres humains et à leur environnement. L’effectivité des droits pour toutes et tous, l’extension des services publics, les dépenses de santé, éducatives ou culturelles sont des investissements majeurs qu’il ne saurait être question de restreindre.

[33] Avant l’éclatement des possibilités de l’unité pour des candidatures anti-libérales, nous portions des alternatives réelles. Nous ne nous résignons pas et en portons l’actualité.


[34] Regrouper celles et ceux qui portent la perspective unitaire

[35] L’objectif du rassemblement de la gauche de transformation ne saurait être confondu avec notre entreprise immédiate, nos Assises avec les États généraux que nous proposons, ce que nous faisons immédiatement avec ce que nous visons. L’expérience douloureuse que nous venons de connaître conduit à la conclusion suivante : celles et ceux qui portent cette perspective unitaire doivent mieux se coordonner. Nous rechercherons l’unité la plus large de celles et ceux avec qui doit se construire une alternative capable de victoire, y compris les partis. Le plus tôt sera le mieux. Mais nous ne pouvons uniquement dépendre des décisions et refus de ces partis.

[36] Celles et ceux qui portent la volonté unitaire doivent se regrouper. Le mouvement des collectifs issu de ces Assises ne sera pas une gêne pour construire l’unité large. Il constitue au contraire un facteur nécessaire de sa réussite. Il entend être un creuset où toutes les sensibilités poursuivront le long apprentissage du travail en commun, partie prenante du mouvement large et unitaire qu’il faut construire.


[37] Il ne s’agit donc pas de construire un nouveau parti à côté des autres. Il s’agit de se doter des moyens de réflexion et d’action, confrontés à deux risques qu’il nous faut absolument éviter : le club de discussion cartellisé et incapable d’agir ; le nouveau petit parti qui s’ajoute aux autres et renonce en pratique à construire l’unité de toute la gauche de transformation sociale. Nous savons que c’est difficile.
[Une réécriture de ce § est proposée par le 1er amendement de Paris 14e-18e]

[38] Notre volonté d’éviter ces deux écueils se traduira dans nos formes de coordination, l’action quotidienne et le travail d’élaboration.

[39] Nous devrons mieux coordonner les collectifs et disposer de capacités d’actions propres. Pour cela, nous cherchons à inventer immédiatement une nouvelle forme de regroupement différente des partis (voir la Charte de fonctionnement).

[40] 1) Un regroupement fédératif de collectifs souverains n’ayant pas nécessairement vocation à répondre de façon unifiée à toutes les questions politiques et sociales. Le collectif de base, structure majeure, n’a pas l’obligation d’appliquer les décisions des instances de coordination.

[41] 2) Les collectifs regroupent des individus, où chacun-e compte pour un-e et peut appartenir à toute organisation de son choix.

[42] 3) Nous voulons rassembler des personnes de cultures différentes qui doivent se confronter, se répondre, pour se dépasser. Les différences et les divergences seront des éléments durables.
[Ici un ajout est proposé par le 2e amendement de Paris 14e-18e]

[43] En conséquence, nous recherchons le consensus avant de prendre une décision. L’objectif est de construire les convergences entre sensibilités et expériences proches mais différentes.

[44] Au quotidien, nous commencerons systématiquement par proposer l’action commune des forces de la gauche de transformation sociale, comme nous l’avons fait pour que débute une campagne unitaire contre le projet de nouveau traité européen.

[45] Nous ne prétendons pas à un programme et un projet séparé. Nous travaillerons à la poursuite de l’élaboration d’un projet écologiste, féministe, antiraciste et de transformation sociale. Ses lignes de forces sont connues et largement partagées. Nous proposerons que l’approfondissement de l’élaboration se fasse dans le dialogue avec les mouvements sociaux et toutes les forces de la gauche de transformation sociale.

[46] Dans les mobilisations de ces dernières années comme dans l’expérience des collectifs depuis 2005, des lignes de force s’affirment, les discussions se précisent, les exigences s’approfondissent : convergence entre l’urgence sociale et l’urgence écologique, rejet du sexisme, lutte pour l’égalité, contre les discriminations et le racisme, droits à l’emploi et à la protection sociale, développement des services publics, transformation démocratique des institutions, politique active contre la guerre, Europe sociale et solidaire, nouvelles relations avec les pays du Sud, etc.)…

[47] On ne peut en rester là. La réflexion et l’élaboration doivent être poursuivies pour les compléter, consolider la convergence sur les axes forts de la transformation sociale, préciser le projet et les propositions. Les sujets à approfondir sont nombreux : la politique de Sarkozy et les raisons de sa victoire ; le contexte international, les transformations du capitalisme et les risques de guerre ; l’évolution de la situation économique ; la place du travail et la notion de revenu ; la consolidation des systèmes de protection sociale ; l’appropriation sociale ; la formation ; la situation des femmes, des migrant-es, des jeunes, des retraité-es, des handicapé-es ; l’égalité des droits et la lutte contre le racisme et les discriminations ; la démocratie représentative et participative ; le lien entre enjeux écologiques et sociaux ; le développement et le productivisme ; la construction européenne ; les relations Nord-Sud ; le dépassement nécessaire du capitalisme ; la conception de la représentation politique et la forme parti ; les liens entre l'organisation politique et les autres formes d'organisation sociales qui exprime des alternatives, etc. La liste n’est bien entendu pas limitative.

[48] Nous ne partons pas de rien mais face à l'offensive idéologique néo-libérale, nous devons rapidement relever le défi du travail sur le projet, sur la vision du monde que nous voulons et pouvons produire en commun.


[49] L’alternative : une perspective au quotidien

[50] Il ne s’agit pas seulement de chercher une majorité de gouvernement, mais de mener à bien la transformation des institutions et de la société en lien avec les mouvements sociaux et citoyens. Cette démarche exige que la délégation de pouvoir ne soit plus le carcan des mobilisations dès qu’elles affirment des exigences politiques.

[51] Nous entendons y contribuer en développant les expériences décentralisées liées aux mouvements sociaux, un vrai travail de terrain permettant de nouer des liens avec le tissu syndical et associatif, avec les milieux aujourd’hui insuffisamment représentés dans nos divers groupes : femmes, jeunes, salarié-es du privé, habitant-es des quartiers populaires, migrant-es…

[52] Il existe des collectifs nationaux unitaires coordonnant les luttes de résistance et de refus des politiques de la droite : franchise médicale, services publics, expulsions, lois de délation et de répression des jeunes et des pauvres, droit réel aux emplois et code du travail, Grenelle de l’environnement alternatif et citoyen, collectif contre le nouveau traité européen, etc. Nous y participons. De même, les collectifs s’inscrivent dans la continuité du mouvement alter-mondialiste et participeront dans l’unité à la préparation de ses prochaines initiatives. Nous aidons à faire connaître leurs propositions et, plus largement, celles du mouvement social. Nous nous saisirons des enjeux des municipales et des cantonales dans l’objectif d’y affirmer les perspectives de la gauche de transformation sociale et d’infliger le plus grand nombre possible de défaites à la droite.

[53] Nous appelons les milliers de citoyen-nes qui ne se résignent pas à l’ordre social existant et qui n’acceptent pas la dispersion dramatique de la gauche de transformation sociale à rejoindre les collectifs et en créer de nouveaux.
ANNEXES


I - Amendements présentés par le collectif Grenoble sud-est


1er amendement : § § 1

Sur la mondialisation capitaliste

Après ce paragraphe, nous maintenons la phrase comprise dans notre amendement initial :

« Avec la complicité des gouvernements néo-libéraux ou sociaux-libéraux, c’est désormais un ordre supranational qui gouverne le monde par l’intermédiaire du FMI, de la Banque mondiale, de l’OCDE et de l’OMC. »

Explication

La mondialisation capitaliste n’est pas constituée que des multinationales sur lesquelles elle repose. Les instances supranationales néo-libérales, auxquelles participent les principaux gouvernements, sont leur instrument politique. Ceux-ci dictent aux États-nations les axes de leurs orientations politiques. Il est donc essentiel de mentionner ces cibles dans le combat qui ne peut être qu’alter-mondialiste.


2e amendement : § § 21 (ex-26) « Changer l’ordre des priorités… »

Productivisme, modes de vie marchandisés et « consommatisme »

Après : « la société est la fin et l’économie le moyen ; envisager… » nous maintenons notre amendement :

« une nouvelle organisation sociale et de nouveaux modes de vie plus égalitaires dans un meilleur équilibre entre consommation individuelle et services collectifs, »

Ensuite, reprise : « dans le respect d’une contrainte forte… »


3e amendement : § § 22 (ex-27) « Se doter des moyens… »

Après « pour affirmer une volonté collective » nous maintenons notre amendement :

« d’un nouveau modèle social et écologique de production, de distribution et de consommation des ressources naturelles et des produits du travail. L’objectif de la vie en société n’est pas la croissance économique, mais la liberté, l’égalité et la solidarité entre les hommes et les femmes. Le partage des ressources et des fruits du travail dans le respect de la planète est un moyen nécessaire parmi d’autres pour y parvenir. Changer de modèle reviendra à aller vers un mode de vie qui ne vise pas la consommation illimitée et envahissante, ni le repli unique sur la vie privée au détriment des solidarités collectives, mais des usages à la fois satisfaisants, utiles et modérés des biens et des services. Maîtriser démocratiquement l’économie nécessite le partage des biens communs et l’appropriation sociale, non uniquement étatique, des principales entreprises et leur autogestion – salarié-es/usager-es. Pour aller dans ce but, il faut remettre en cause… »

Ensuite, reprise à : « spirale des privatisations… »

Explication

Le productivisme et les modes de vie marchandisés ne sont pas seulement destructeur des ressources naturelles et des écosystèmes. Par l’intermédiaire de la marchandisation généralisée, il a permis d’étendre la domination du capital au-delà du travail directement sur toutes les activités humaines, jusque dans la vie quotidienne des familles et des individus.
Productivisme et « consommatisme » forment un système d’ensemble indivisible. Vouloir « gagner plus » veut dire acheter et consommer plus. A fortiori, celles et ceux qui n’en ont pas les moyens, rêvent des marchandises rutilantes étalées dans l’espace public et dans les médias de masse.
Loin d’être le moyen d’une libre individualité, le mode de vie consommatiste fabrique la conformité des individus prêts à consommer les produits étalés sur le marché. Il éloigne les citoyens de la participation à la vie collective et politique. Le repli sur la consommation privée est un destructeur de la démocratie. La marchandisation du monde réduit en même temps la diversité mondiale des manières de vivre, des coutumes et des traditions, quand il ne les éliminent pas. Le productivisme et le consommatisme détruisent des traditions de lutte et des cultures sociales accumulées durant des siècles.


4e amendement : § § 25 (ex-30)

Sur la démocratie

Après : « Faire de la démocratie le but et le moyen prioritaires de l’exercice du pouvoir », nous maintenons le paragraphe compris dans notre amendement initial :

« Les choix démocratiques sont aussi une condition du partage des biens communs. Les choix et la répartition des ressources énergétiques et des produits du travail sont aussi une affaire de démocratie politique. La démocratie participative et autogestionnaire est un but essentiel de l’émancipation humaine et sociale. Elle signifie la délibération et la participation des peuples à toutes les décisions qui concernent leur vie sociale et individuelle. Que ce soit au travail, à l’école, dans la famille, dans la consommation et dans toutes formes de relations sociales, la liberté, l’égalité et la solidarité se construiront dans les débats et les décisions prises par le plus grand nombre de citoyen-nes. A cette fin, ces dernier-es doivent disposer du temps nécessaire à leur participation à la vie politique (appelant la réduction du temps de travail), par toute forme d’expression directe ou bien par l’intermédiaire des assemblées représentatives à tous les niveaux, à partir du local. »

Explication

Dans les 125 propositions, l’exigence démocratique n’apparaissait qu’à l’occasion de la fondation d’une VIe république. La démocratie va bien au-delà des institutions, elle traverse les luttes, le fonctionnement d’une force nouvelle et le projet de société. Participation et autogestion posent la question du dépassement de la démocratie représentative, de la délégation de pouvoir à des professionnels de la politique, et des formes d’intervention directe des citoyens dans leurs affaires.


II - Amendements présentés par les collectifs de Paris 18e et de Paris 14e


Les amendements portent sur le chapitre (§ 34) Regrouper celles et ceux qui portent la perspective unitaire


1) Nous proposons de réécrire le § 37 (« Il ne s’agit donc pas… ») comme suit :

« Nous ne cherchons pas à construire un nouveau parti à côté ni a fortiori contre les autres. Nos principes de fonctionnement le démontrent. Nous sommes un regroupement fédératif de collectifs souverains ne délégant pas leur pouvoir à quelque direction politique que ce soit. Nous utilisons le consensus comme mode de décision en raison de notre diversité. Il va de soi que les militant-es des collectifs peuvent appartenir également à toute organisation de leur choix (y compris un parti politique). Nous n’avons pas vocation à présenter de candidat-es en concurrence avec d’autres candidat-es de la gauche anti-libérale (À défaut, nous occuperions le même espace et endosserions une nature semblable). À chaque échéance, nous cherchons à reconstruire l’arc de forces de la gauche anti-libérale le plus large possible ou à défaut un rassemblement partie de ces forces. »


2) Après « éléments durables » (§ 42), nous proposons d’ajouter :

« Nous ne sommes en situation de concurrence avec personne, organisations, clubs, réseaux. Nous sommes un segment du mouvement large et réellement unitaire qu’il faut construire. A défaut d’en être le pivot, nous en sommes un des leviers. Pour rassembler le maximum de forces, aujourd’hui dispersées, qui s’étaient organisées dans les collectifs avant la présidentielle, nous affirmons qu’il n’y a aucun préalable, en fonction des bilans liés au passé, pour œuvrer ensemble ce rassemblement. Pour donner toute leur place aux multiples structures, qui dans leur diversité, sont autant d’acteur-rices du mouvement anti-libéral (clubs, réseaux, courants, partis), nous proposons à ces structures de s’inscrire via la participation de leurs militant-es aux collectifs. Nous engageons des concertations permanentes entre les collectifs et ces structures pour co-organiser les États généraux et toutes les initiatives unitaires qui se présenteront et tisser de nouveau les liens permettant de créer le mouvement unitaire dont nous avons tant besoin. »


Explications

1) Des collectifs peuvent présenter des candidat-es si la discussion avec les autres organisations anti-libérales n’a pas abouti et si les collectifs en question ont une implantation et une légitimité reconnues. Aux dernières législatives, nous avons vu des candidatures, notamment à Paris, d’une nature discutable : peu ou pas de discussion avec les autres partenaires et pas de volonté qu’elles puissent aboutir, caractère unitaire autoproclamé alors que ces candidatures étaient portées par les seuls comités Bové. Ces candidatures de témoignage ont obtenu des scores confidentiels révélateurs de leur nature de candidatures de division. Elles visaient à implanter dans le paysage politique un nouveau parti dans la lancée (?) de la campagne Bové. La candidature de José Bové pose également problème puisque qu’aucune des conditions fixées par Montreuil à son maintien n’était remplie (retrait des autres candidat-es anti-libéraux-les ou percée significative).

2) Nous sommes plus faibles que nous l’étions à Montreuil. Soyons un peu humbles et réalistes. Nous ne pouvons, en raison de notre affaiblissement numérique et de notre rétrécissement qualitatif, être le pivot ou le creuset de la nouvelle force qui naîtra des États généraux à nous tous seuls. Nous devons en être un levier et travailler inlassablement à retisser les liens qui ont été rompus. Avec les courants politiques qui se sont retirés de la coordination, les collectifs qui se sont éloignés, les animateur-rices de Maintenant, à gauche !, nous devons retravailler à un cadre unitaire accueillant à tou-tes. À ce propos, refuser aux partis politiques la possibilité d’une intervention aux Assises serait un signe négatif de repli frileux.


À propos de la version du texte politique réécrite présentée par le secrétariat le 24 octobre

La version présentée par le secrétariat le 24 octobre est tellement différente de la version initiale que cela rend compliqué la prise en compte des amendements travaillés par les collectifs qui n’ont pu prendre connaissance que trop tard de cette version. Cela pose des problèmes de fonctionnement démocratique.
La nouvelle mouture marque des avancées importantes dans le sens de la clarification. Il est important que soit dénoncé comme un « écueil » ou un « risque qu’il faut absolument éviter » « un nouveau petit parti qui s’ajoute aux autres et renonce en pratique à construire l’unité de toute la gauche de transformation sociale ».
Mais la clarification demeure insuffisante.
Le texte n’aborde pas les conditions de notre participation aux élections. La tactique de présenter des candidatures de témoignage est elle validée ou non ? Nous proposons d’ajouter aux trois conditions du paragraphe qui commence par « Nous devrions mieux coordonner les collectifs » une quatrième qui reprend la dernière partie de notre premier amendement (qui apparaît en gras).
Le texte ne reprend pas assez la nécessité de retisser les liens rompus au cours de la dernière période. Nous proposons le maintien de notre second amendement après « une campagne unitaire contre le projet de nouveau traité européen ».
Par Gauche Alternative 06
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Dimanche 11 novembre 2007

ASSISES DEPARTEMENTALES

DE LA GAUCHE ANTILIBERALE UNITAIRE

SAMEDI 17 NOVEMBRE

 

La mondialisation libérale sème le chaos et menace la planète !

Il y a urgence à stopper cette logique dévastatrice !

Dans de nombreux pays, la résistance s'organise !

En France, la politique de Sarkozy( celle du MEDEF) s'affiche pour ce qu'elle est :

un projet autoritaire et néo-libéral

qui vise à mettre la France au pas et à l'heure de la mondialisation !

C'est une machine qui porte atteinte à la souveraineté populaire, conforte le pouvoir des firmes transnationales, des fonds de pension, et des marchés financiers !

 

A vous de juger :

franchise médicale,  bouclier fiscal,  exonération des droits de succession des plus gros patrimoines,  défiscalisation et suppression des cotisations,  persévérance dans le nucléaire et autres aberrations écologiques,  mesures contre les étranger-es,  passage en force du traité constitutionnel européen déjà rejeté par le peuple,  TVA sociale

 

Et la liste continue :

atteintes au droit de grève (service minimum dans les transports),  dépénalisation des délits en matière du droit des affaires,  pénalisation des mineurs,  privatisation de GDF,  privatisation des universités,  suppression de 11 000 postes dans l'éducation nationale,  suppression des régimes spéciaux de retraite,  courbettes à Bush


 

Rarement un programme a été aussi ouvertement

favorable aux riches et au patronat,

hostile aux plus démuni-es,

répressif, réactionnaire et dangereux !

 

Il est temps d'AGIR :

 
POUR CHANGER LA DONNE économique et sociale,
pour changer la donne environnementale,

pour changer la donne pour les femmes,

pour changer la donne pour les jeunes,

pour changer la donne en Europe !!!
                                       

 

Le SAMEDI 17 NOVEMBRE

de 9h00 à 18h30

Au Château de Mouans Sartoux (dans la vieille ville).

Salle 8

  Inscription auprès d'ALI (voir ci-dessous)

 

Au programme :

 

La matinée  :

atelier 1 : Les enjeux du traité européen

                            Intervenant : Bruno DELLA SUDDA

 

atelier 2 : L'aménagement du territoire : éclairage local sur la Plaine du Var

                     Intervenant : Pierre-Paul DANNA

 

Pause Déjeuner (courte!)

 
 

L'après-midi :       

atelier 3 : Contribution départementale pour les assises nationales des Collectifs Unitaires.

 

 

 
 - 1er débat : Un croisement des théories et pratiques sociales avec celles de l'écologie est-il possible et pertinent ?
 - 2e débat : Discussion des textes proposés par le secrétariat national (en pièces jointes)
 - 3e débat : Organisation locale du mouvement   
 
 

Pot de l'amitié (Chacune et chacun peut porter de quoi partager pour trinquer toutes et tous ensemble !)

 

 

Pour vous  informer  ou   contribuer par un texte aux débats de cette journée,

-          au niveau national : www.gauchealternative.org

-          au niveau local : http://assises06.gaucheantiliberale.over-blog.org/

 

Inscription auprès d'Ali KABBAJ     

06.37.16.63.10

abdelali.kabbaj@wanadoo.fr

 
Si vous voulez profiter du co-voiturage, faites-vous connaître!
 
Si vous n'êtes pas inscrit, venez quand même! Il n'est jamais trop tard...

 

 

Participation libre mais néanmoins nécessaire !

Merci !
Par Gauche Alternative 06
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Mercredi 27 juin 2007

Nous réaffirmons notre double perspective d’une alternative à gauche et d’une gauche alternative.


Une alternative à gauche


La perspective de l’unité de la Gauche de transformation sociale reste pertinente. L’offensive libérale-autoritaire du gouvernement et le délitement idéologique du PS prouvent eux aussi qu’un espace commun à la gauche du renoncement est nécessaire ; Un espace commun pour les militants anti-capitalistes, qu’ils soient d’extrême gauche, communistes, écologistes, féministes, alternatifs ou altermondialistes, militants politiques, syndicaux ou associatifs, encartés ou non.

Mais si cet objectif reste pertinent, il faut aussi constater que la situation politique ne s’y prête guère aujourd’hui. La direction du PCF considère qu’elle n’a plus d’interlocuteurs à la gauche du PS, la direction de la LCR revendique le bien fondé de sa stratégie partidaire. Même au sein des militants unitaires pointent des positions fragilisant cette construction (responsabilité unilatérale des divisions attribuée à la seule candidature Bové, discours anti-parti ou simplement découragement). Or, si la perspective de l’unité des anti-libéraux est toujours pertinente, l’unité ne peut se faire seul.

N’insultons pas l’avenir. Ce qui n’est pas possible aujourd’hui pourra peut-être l’être plus tard.

C’est pourquoi nous pensons qu’il faut maintenir les outils de cette unité, ces espaces communs tels que les CUAL qui ont survécu à cette intense période de divisions, et les utiliser pour échanger, dialoguer, voire coordonner des actions dans une période où les mobilisations seront indispensables pour s’opposer à la politique gouvernementale.
Une gauche alternative


Mais nous voulons aussi souligner la dimension profondément positive de la création de Comités Bové, puis Gauche Alternative 2007. Ces comités représentent une première structuration de la 3eme composante de cet espace anti-libéral commun ; une 3eme composante non plus présentée en creux (ni PC ni LCR) mais en positif : une gauche « solidaire, écologiste, féministe, anti-raciste et alterrmondialiste ».

L’affirmation de cette composante, plus sensible aux nouvelles pratiques politiques, plus écologiste et plus autogestionnaire sans doute, est un enrichissement de notre espace commun et non une division supplémentaire.

Mais pour que cet espace perdure à Paris, sachant qu’il n’est pas construit autour d’un appareil, il doit se structurer autour d’une association, avec des statuts (au minimum des règles communes de fonctionnement), une adhésion individuelle et une coordination parisienne.

Elle doit adopter de véritables pratiques démocratique et transparente. Elle doit aussi conserver la perspective à plus long terme de l’unité des anti-libéraux et garantir la souveraineté des comités locaux.

C’est ainsi qu’on pourra éviter, dans cette période difficile, la dispersion des militants non-encartés, mais aussi qu’on pourra éviter que les CUALs ne se réduisent à un simple espace de dialogue entre organisations politiques.

C’est aussi, c’est surtout ainsi, qu’on maintiendra ces nouveaux espaces politiques communs de dialogue, d’élaboration et d’action qui démontrent au quotidien la possibilité de travailler ensemble et sans concurrence partidaire de militants issus de culture politique différente. En d’autres terme, qu’on pourra continuer à expérimenter, à une échelle réduite, l’unité.
Le Comité Gauche Alternative 9/10eme,
William Elie et Elodie Vieille Blanchard (Comité GA 13eme)



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Dimanche 24 juin 2007

Résolution adoptée

La coordination des collectifs unitaires, réunie à Saint-Denis les 23 et 24 juin 2007, et rassemblant des délégué-es de collectifs et comités unitaires, quels que soient les noms qu’ils se donnent, et quels qu’aient été leurs choix à l’occasion de la séquence électorale, a décidé d’organiser avant la fin de l’année 2007, comme cela avait été envisagé lors des précédentes coordinations de Bobigny et de Saint-Denis, des Assises dont l’objet est ainsi défini :

 

Nous voulons pérenniser notre existence en tant qu’espace commun de réflexion et d'action, structuré en collectifs locaux, coordonnés de manière efficace et visible.

 

Les collectifs unitaires sont des espaces ouverts à tous : citoyens engagés, membres ou non d'organisations politiques, associatives, syndicales, de courants. Ils ont la volonté de réunir toutes les sensibilités de la gauche antilibérale, altermondialiste, alternative, écologique, antiraciste, solidaire, féministe, anti-guerre.

 

Ils sont en lien avec les divers mouvements et réseaux de mobilisation sociale, et en sont parties prenantes.

 

Ils sont des lieux d'échange, d'élaboration d'un projet de gauche véritablement en rupture avec le libéralisme, des lieux de résistance et d'action.

 

Ils proposent un cadre stable et ouvert à celles et ceux qui veulent faire vivre un processus unitaire par une dynamique capable d’ouvrir une alternative au libéralisme.

 

Chaque collectif décide souverainement de ses modalités d'organisation, sur la base du principe : 1 personne = 1 voix.

 

A l’occasion de nos Assises, nous entendons :

 

- Nous donner au niveau national des règles de fonctionnement, de décision, et de représentation démocratiques, ainsi qu’une dénomination.

 

- Contribuer à l’organisation, de la résistance à la politique du gouvernement Sarkozy, avec l’ensemble des forces disponibles.

 

- Travailler à la poursuite de l’élaboration de notre projet écologiste, féministe et de transformation sociale, allant bien au-delà du cadre programmatique des « 125 propositions » du texte « ce que nous voulons ».

 

- Faire le bilan de l’activité de la gauche de transformation sociale et écologique depuis 2005, ainsi que de l’état des forces à l’issue des dernières élections.

 

- Travailler à l’élaboration d’outils de communication.

 

Toutes les citoyennes et tous les citoyens, les militantes et les militants qui entendent porter le projet d’un rassemblement des forces « anti-libérales », écologistes et de transformation sociale, qu’ils appartiennent ou non par ailleurs à des forces constituées, sont invité-es à participer, depuis les collectifs existants dans leurs localités, et le cas échéant dans leur département, ou à travers les collectifs qui se constitueront, à la préparation de ces assises, dont les modalités plus précises de convocation et d’organisation seront arrêtées par la prochaine coordination, prévue à la fin du mois de septembre.

 

L’organisation de la dynamique des collectifs constituera un élément décisif des rassemblements à venir.

 


 

Il est donc convenu :

 

1 – de tenir les Assises des collectifs unitaires à l’automne 2007.

 

2 – de veiller à la relance de l’activité et au développement des collectifs locaux et des coordinations départementales.

 

3 – de proposer aux partis, courants, forces organisées et autres partenaires de la gauche écologiste et de transformation sociale, ainsi qu’aux diverses composantes du mouvement social, la préparation et la tenue dans le courant de l’année 2008 d’États Généraux unitaires pour construire et porter un projet d’alternatives pour la transformation sociale et la préservation de la planète (actualité de l’antilibéralisme, de l’anticapitalisme, du féminisme, de l’antiproductivisme, de la lutte contre les discriminations, etc.).

 

Le secrétariat désigné par la coordination nationale est mandaté pour commencer à mettre en œuvre cette triple décision.

 

La coordination donne donc mandat au secrétariat qu’elle a désigné pour prendre contact avec les forces politiques de la gauche antilibérale, les associations, les syndicats, les réseaux de mobilisation et autres acteurs, pour :

 

- leur présenter le projet des Assises

 

- leur proposer de diffuser leurs contributions, qui seront intégrées à la préparation des Assises

 

- les interroger sur la possibilité d’organiser dans l’unité des États Généraux de l’ensemble de la gauche écologiste, féministe et de transformation sociale. Le secrétariat rendra compte de ce mandat lors de la coordination prévue en septembre.

 

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Dimanche 24 juin 2007

Pierre ZARKA

(Refondateur communiste)

Ma participation au Conseil national du PC samedi, m'empêchera de participer à notre première journée. C'est essentiellement ce qui motive cet écrit.

A mon avis, aller vers une construction de rassemblement des forces antilibérales ne peut se réaliser que dans la mesure où simultanément nous avançons vers un projet politique cohérent. Non pas que nous n'aurions rien fait jusqu'à présent mais à mon sens, la victoire de Sarkozy, la défaite que cela représente ne sont pas dues qu'aux égocentrismes d'appareil ou plus exactement si ceux-ci ont pu finir par l'emporter et engendrer l'éparpillement, cela est aussi dû à des limites qui sont aussi les nôtres et qu'il nous faut dépasser.

Elles ont pour point commun de renvoyer à la manière dont les organisations s'enferment dans des logiques institutionnelles c'est-à-dire ont été malgré leurs déclarations d'intentions fixées sur la présidence elle-même plus que sur l'impulsion d'une dynamique populaire. Ce trait renvoie à ce que l'on peut attendre d'une élection : atteindre le pouvoir et se mettre au service « de ». ou considérer qu'il s'agit d'un moment privilégié pour tenter de provoquer une dynamique politique qui fait du mouvement populaire une force politique comme on dit qu'il y a un mouvement social. Cette absence a entraîné la confusion entre « équilibrage de la gauche » ce qui renvoie de fait à la prééminence de la vie institutionnelle et  à faire de la volonté du PS le déterminant essentiel, donc confusion entre « équilibrage de la gauche et changement de mode de vie politique » ;

La nature des enjeux électoraux : rapports mouvements/ institutions.

Cela appelle la quête d'une coopération consciente et quasi-organique avec des élus comme nouvelle normalité. Élire un représentant que l'on reverra plus tard (peut-être) ou élire un partenaire avec lequel on va co-élaborer et co-intervenir ne sont pas identiques. Cela revient à modifier l'enjeu des élections : dans le cadre d'une démarche délégataire, on vote de plus en plus pour ceux qui sont déjà le plus proches du pouvoir. Et le PS retourne en qualité la promiscuité avec le patronat qui lui est souvent reproché en dehors des périodes électorales. En faisant reculer les comportements délégataires, on votera pour ceux qui nous donnent à nous le plus de forces d'intervention. Cela peut ne pas conduire au même choix. De fait, l'enjeu d'une élection devient la manière dont un mouvement populaire investi l'espace institutionnel.

À un système politique fondé sciemment sur la dépossession des citoyens, est souvent opposée une « dépossession vertueuse ». Les partis ont fonctionné sur le mode de la médiation, de l'incarnation et de la substitution. Le concept « d'avant-garde » renvoyant autant à cette médiation qu'à l'originalité des idées. A la charnière des XIXe et XXe siècles, c'est cette conception que fait fondamentalement triompher la social-démocratie. Depuis 1917 la culture bolchévique en a fait un modèle suffisamment durable pour survivre à l'URSS et pour imprégner toute la culture politique, même celle qui pense échapper aux logiques partidaires.

Cette culture induit une hypertrophie de la place des institutions.
Celles-ci exercent alors une formidable fascination. Le PCF s'y est enfermé. Mais quand on examine de près ce qui a motivé l'alliance de la LCR avec L.O en 2004, ou sa frénésie à présenter seule des candidats aux législatives de
2007, on mesure que si l'extrême -gauche a longtemps éludé la question, dès que les conditions changent, elle n'échappe pas non plus à cette attraction.
Les comités Bové eux-mêmes poussés par les conditions de leur acte de naissance et par la proximité de l'échéance ont souvent considéré leur reconnaissance plus à partir de leur présence dans le champ institutionnel que comme producteurs d'une nouvelle culture politique, et ce, malgré une volonté réelle de faire du neuf. Et il était vrai que c'était une « épreuve » de passage à une certaine crédibilité. Mais cet effort à souvent conduit inconsciemment à épouser une culture qui hérite de siècles de dominations et de dépossessions comme si c'étaient là, la seule manière d'être efficient. On trouve encore fréquemment parmi nous tous, les mêmes tentations que ceux d'un parti politique, exigence de centralisme comprise, chaque partie voulant être le tout, ou volonté de pouvoir de labellisation.

Projet et de programme.

Contrairement à ce que l'on pense très souvent, une démarche exclusivement programmatique ne permet pas de rassembler. Par définition un programme se présente comme fini, il ne reste qu'à le prendre ou à le laisser. Il faut en
retenir par cour des pans entiers sans maîtriser les principes qui l'animent et qui peuvent le défendre. Même en clamant que l'on veut faire le contraire, il met celles et ceux qui ne l'ont pas conçu en extériorité avec les responsabilités qui ont conduit à son élaboration et donc à celles qui conduiront à son application. De plus le côté « catalogue » de tout programme peut par le fractionnement des mesures favoriser le fractionnement de la lecture suivant l'intérêt porté sur tel ou tel chapitre et donc éloigne du principe de participation à une construction commune. S'il est isolé de toute notion de projet commun, il peut même rendre impuissant face au développement d'une culture d'opposition des dominés entre eux : les fonctionnaires cherchant ce qui les intéressent et ceux qui croient que ce sont des profiteurs n'y trouvant pas spontanément de quoi les détromper. Au contraire, chercher ses solutions en les situant comme éléments de réponses aux questions posées par le fonctionnement de la société, c'est sortir de soi, dépasser le périmètre de ses pratiques quotidiennes pour juger de sa propre place dans un ensemble immense et complexe qui s'appelle la société.

Mais on ne peut espérer que ce processus puisse se contenter d'avancer à l'aveuglette et de transformer la société par accident ou fatalement. Sans capacité de définir une visée, un idéal que l'on vise et dans lequel on cherche à s'inscrire comme moyen d'identification de soi, l'intention, l'envie n'existent même pas. Or, au-delà des aspects immédiatement politiques, c'est bien cette envie que les forces du capital cherchent à anéantir. Pour l'instant l'échec du bolchevisme permet au capital de réduire toute contestation à ne pas dépasser le cadre qu'il a dessiné dans la mesure où celui-ci demeure même en pensée sans concurrent. Que Sarkozy soit assimilé à celui «qui bouscule les choses » y compris par des électeurs qui n'avaient pas voté pour lui, en est une démonstration. La vision de l'avenir n'est donc pas du ressort du rêve comme un supplément d'âme ou ce qui viendra plus tard, mais donne son sens à l'immédiat.

Ce terrain Ségolène Royale entraînée par la pente de soumission aux règles du libéralisme ne pouvait le tenir ; et les forces antilibérales reconnaissons-le, n'ont pas vraiment ouvert ce chantier. Dans ce contexte, Sarkozy a su capter des attentes qui ne sont pas obligatoirement de droite pour les détourner.

Ces limites en laissant un vide ont contribué à cristalliser sur les traits d'une culture politique qui est incompatible avec un processus émancipateur, à favoriser le repli sur les logiques d'appareils, même si celles-ci sont à interroger. Les conséquences de ces caractéristiques contribuent aussi à ce que des pans entiers de la population particulièrement éloignées de la normalité institutionnelle n'ont pu se reconnaître dans cette tentative.
C'est vrai des jeunes, notamment celles et ceux de banlieue, des migrants, mais aussi de notre dénuement sur les questions du travail.

Où en sommes-nous ? La LCR appelle au rassemblement.autour d'elle, reprenant à son compte le même esprit de prééminence que le PC. Celui-ci retrouve une situation instable. Pour l'instant, la direction officielle ne fait aucune autocritique réelle et donne le sentiment de vouloir privilégier une certaine relance de l'appareil en tentant d'atténuer la gravité des résultats du PC. En même temps de nombreux militants et deux courants au moins annoncent que le PC tel qu'il est ne peut durer. De l'espace autour de Robert Hue se dégage l'appel à ne pas aller vers un congrès bâclé et à trouver des formes de dépassement du PC actuel : les uns souhaitant une construction de gauche en gommant la spécificité de la culture communiste ; les autres revenant de fait à la stratégie des années quatre-vingt dix à savoir renouveler le PC pour qu'il fasse contrepoids aux dérives du PS. Les communistes unitaires de « l'intérieur du PC » considérant que nous allons vers un congrès pour rien ; qu'il est nécessaire que l'espace antilibéral se recompose à partir d'un processus de construction d'un projet plus affiné (conception de la société et du combat politique) et que la culture communiste, comme d'autres cultures politiques ont un rôle à jouer, non pas
à part, mais qui ne peut se concevoir que dans un cadre de forces multiples rassemblées.

Cela posé, la lucidité doit nous faire prendre en compte que l'espace antilibéral, pour l'instant est plutôt éparpillé. Le plus facile serait de se nourrir de ressentiments à l'encontre de tel ou tel. Mais ce serait ne pas voir que ce qui fait qu'il y a divergence est le reflet de quelque chose de profond dans les cultures des dominés. Si les problèmes ne provenaient que de tel espace constitué, cela ne nous empêcherait pas d'avoir parmi nous davantage de jeunes, de migrants, de syndicalistes. Ne pas intégrer que ces divergences sont une réalité à traiter comme un fait politique ne conduirait qu'à constituer un espace résigné à demeurer dans une certaine marginalité et renonçant à jouer un rôle majeur qui doit déboucher sur la capacité à rendre possible un fait majoritaire. Or, il est bon de rappeler surtout dans une situation où l'enjeu est de savoir où sera le entre de gravité de la recomposition politique entre la pente social-libérale et le rassemblement alternatif, que dans une perspective de transformation démocratique de la société, le fait majoritaire demeure la clé et suppose de ne se couper d'aucune force qui se réclame de l'anti- libéralisme quoi que l'on pense d'elle et de tenter d'inclure en gros le même spectre de forces que lors du référendum.

Cela suppose non seulement de ne pas faire de ces divergences un obstacle, mais au contraire un stimulant. Je m'explique. Je ne crois absolument pas à la vertu de se rassembler sur ce que nous avons en commun et pour cela d'écarter ce qui nous différencie. Les divergences non traitées finissent toujours par nous rattraper et nous ronger de l'intérieur comme un cancer.
Je crois plus réaliste de considérer les divergences comme autant de chantiers à ouvrir. Pas pour faire de l'eau tiède mais pour travailler au dépassement d'obstacles idéologiques et chacun d'entre nous, à notre propre pensée. Ne pas le faire, et accepter l'éparpillement feraient des appareils existant, quelle que soit leur mauvaise santé, les éléments stables et référents de la situation. Ne pas accepter l'éparpillement, c'est admettre qu'aujourd'hui aucun des espaces qui cherchent à se constituer ne se considère comme L'Espace valide, ne se considère comme le tout au lieu de se considérer comme une partie.

Expérimenté par une cascade de Congrès du PC qui n'ont servi à rien faute de travail sérieux, je souhaite personnellement que les Assises s'appuient sur nos acquis et soient conçues comme la poursuite D'UN processus de travail- pour l'instant il en existe peut-être d'autres-  plus que comme LA création DU lieu qui devra bien un jour rassembler toutes les forces antilibérales.
Visiblement nous n'en sommes pas encore là. Et le reconnaître est le moyen de mieux parvenir à un tel rassemblement, en évitant de considérer ceux qui n'y seraient pas d'amblée comme des « déviants ». Un processus n'implique pas de se mettre en « stand by » ; cela n'empêche nullement d'affronter au fur et à mesure les échéances qui se dresseront devant nous.

Par Gauche Alternative 06 - Publié dans : Le débat des antilibéraux
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Dimanche 24 juin 2007

Christian PICQUET

(Courant Unir de la LCR)

                                                Au secrétariat de la coordination

  

Chers et Chères Camarades,

 

Avant  votre réunion des 23 et 24 juin, je veux répondre à l’interpellation que plusieurs d’entre vous m’ont adressée, quant à mon absence prolongée du secrétariat désigné dans la foulée de la réunion nationale de Montreuil, en  janvier dernier.

 

Autant vous le dire d’emblée,  et quoi que cela relève à mes yeux de l’évidence, cette absence ne doit nullement à une impossibilité matérielle, mais au constat auquel mes camarades et moi-même avons bien dû nous résoudre : la trajectoire du secrétariat, autant que les décisions qui en auront émané ces derniers mois, ont rendu impossible la poursuite de notre engagement dans cette instance.

 

Je  me suis donc tenu à l’écart de vos travaux, et mes camarades avec moi. Sans vouloir entrer dans des polémiques qui auraient encore alourdi le climat de division ayant suivi l’échec de notre démarche de rassemblement antilibéral en décembre dernier. Sans non plus rétorquer aux invectives ou aux injures dont certains, y compris parmi vous, ont cru bon de m’abreuver (je devrais d’ailleurs, ici aussi, utiliser le « nous », tant les attaques auront visé en tant que telle la sensibilité dont je suis l’un des animateurs).

 

Nous avons mené le débat sur les questions d’orientation, tranquillement, sereinement, lors de chaque réunion de la coordination, jusqu’à la rencontre nationale de Bobigny, au moyen de contributions écrites, déposées au nom de la « LCR Unitaire » ou cosignées avec des camarades partageant un point de vue similaire. Dès lors que, à chaque étape, les approches se révélaient profondément divergentes, que l’esprit de consensus cédait progressivement le pas à une ambiance d’intolérance inadmissible, il nous est apparu que nos échanges devenaient parfaitement vains, au moins à ce moment politique particulier.

 

Avec le recul, chacun devrait aujourd’hui convenir qu’un débat de fond nous a traversés dès le mois de janvier,  et qu’il fut de très mauvaise politique de chercher à l’évacuer. Pour notre part, dès la rencontre de Montreuil, nous avions dit et écrit qu’une troisième candidature, issue  l’espace antilibéral, ne serait pas de nature à renouer le fil brisé de la bataille pour l’unité. Cependant, prenant en compte la volonté de milliers de militants ou de citoyens de ne pas  s’incliner devant les politiques de division qui avaient mené au fiasco de Saint-Ouen, nous avions volontiers souscris au « compromis » final de cette réunion. Les termes de ce compromis étaient clairs : vérifier la possibilité d’une relance du processus unitaire autour d’une candidature « trait d’union », que pouvait incarner José Bové, tout en préservant l’unité des collectifs en distinguant strictement la campagne Bové de la coordination des collectifs unitaires.

 

En pratique, il s’est rapidement avéré que la candidature de José Bové s’engageait dans une logique de concurrence avec les autres candidatures antilibérales, qu’elle ne se situait donc pas dans la continuité de la démarche initiale du rassemblement antilibéral et de ses objectifs stratégiques, qu’elle se délimitait de plus en plus sur l’espace de l’écologie radicale (ce qui l’amenait à relativiser la défense des urgences sociales et démocratiques, pourtant placées au cœur de nos 125 propositions), qu’elle tendait à ignorer la diversité des opinions présentes au sein des collectifs. Plutôt que d’en rester au cadre consensuel de Montreuil, la coordination et le secrétariat se seront de facto engagés dans la campagne autour de José Bové, perdant ainsi en autorité dans la mesure où cette évolution conduisait de très nombreux collectifs, ayant fait le choix de ne s’impliquer dans aucune campagne, à se mettre à l’écart.

 

La réunion de Bobigny, à la mi-mars, eût pu rétablir l’équilibre initialement souhaité et autoriser une ample bataille pour la reconstitution de l’unité dans un maximum de circonscriptions aux élections législatives. Mais la prétention simultanée d’un certain nombre de participants de cette rencontre d’imposer, à toutes les candidatures unitaires, une association de financement (Sega) liée à une sensibilité politique et un logo prédéterminé (« Gauche alternative 2007 ») aura finalement ruiné cette ultime possibilité. Résultat, si l’obstination d’un certain nombre de collectifs comme des secteurs unitaires du PCF et de la LCR aura permis de sauver quelques dizaines d’accords pluralistes, la plupart d’entre eux ne s’affilièrent pas à Sega et ne recoururent pas au logo « officiel ». A contrario, des campagnes se proclamant « unitaires » du fait de leur affiliation et de leur logo se seront délibérément placées en situation de concurrence avec celles de la LCR et du PCF.

 

Le bilan de cette séquence ne saurait aujourd’hui être escamoté. D’« insurrection électorale » à partir de la présentation de José Bové, il n’y eut point. Ce qu’il demeurait des collectifs unitaires à la fin du mois de décembre 2006 en sera sorti un peu plus affaibli et divisé. La posture consistant à s’affirmer « unitaire » tout en prenant sa part à l’éparpillement de la gauche antilibérale n’aura fait que générer du sectarisme et de la tension, là où il aurait fallu de la sérénité, du respect des opinions en présence, de la transparence et de la clarté dans les débats. L’incapacité de la coordination de fin avril à se démarquer publiquement de l’acceptation, par José Bové, d’une mission confiée par Ségolène Royal, aura encore accru la confusion, en tournant le dos à la visée énoncée dans notre texte « Ambition-Stratégie » : être indépendant du social-libéralisme pour pouvoir lui disputer l’hégémonie à gauche.

 

Dans la logique des choix effectués tout au long des six derniers mois, on devine à présent la tentation  de structurer une nouvelle organisation politique, qui se situerait à côté de celles qui existent déjà, pour ne pas dire en opposition à elles. L’objectif ressort clairement du texte de Raoul Marc Jennar ou d’autres contributions dont nous avons pris connaissance. Mais il traverse également le document collectif « Pour une alternative (à propos des assises de l’automne) »,  lequel se prononce en faveur « d’une force de plus » conçue comme « garantie de rassemblement sans hégémonie aucune » et exclut d’emblée toute représentation des forces ou courants organisés en son sein. Autrement dit, sans le dire et tout en récusant pour la forme l’idée d’« une organisation qui soit sur le mode d’un parti ou d’un mouvement reposant sur une unicité d’organisation », c’est bien à cela que l’on tend malgré tout. Cette option peut avoir sa légitimité, et nous n’entendons pas la discuter. Dans la mesure où elle ne procède pas de ce qui nous a réuni depuis la campagne du « non » de gauche au traité constitutionnel européen, elle ne saurait pourtant être la nôtre.

 

Nous demeurons convaincus qu’il ne naîtra pas d’alternative crédible au libéralisme et au social-libéralisme hors du rassemblement de toutes les énergies antilibérales au sein de la gauche. Il convient néanmoins de constater que l’issue de l’élection présidentielle modifie substantiellement les coordonnées de ce combat. Face à une droite qui porte désormais le projet global et cohérent d’une contre-révolution conservatrice à la française, face à un Parti socialiste dont la direction s’oriente vers la rupture avec sa propre histoire pour achever sa mue sociale-libérale et pouvoir contracter des alliances au centre,  c’est la refondation d’une gauche à gauche qui s’avère indispensable.

 

Dans cette optique, poursuivre dans la voie des concurrences et de la division, amènerait à l’inexistence politique. Se contenter d’engager une reconstruction unitaire de l’ampleur de celle qui s’impose à partir seulement des cadres militants qui ont été marqués par l’échec de la tentative d’aboutir à des candidatures unitaires pour cette séquence électorale,  ne serait guère à la hauteur de l’enjeu. Réduire ses ambitions à l’affirmation d’un pôle d’extrême gauche, ou d’un nouveau mouvement regroupant les forces ayant été engagées dans la campagne Bové, reviendrait à coup sûr à se résigner à l’impuissance et à la domination de la gauche par des sociaux-libéraux toujours plus libéraux et de moins en moins sociaux.

 

C’est à l’ouverture d’un vaste processus qu’il importe maintenant de travailler, en direction de tous les secteurs de la gauche qui ne se résignent pas à faire du libéral-capitalisme l’horizon indépassable de leur action, des acteurs du mouvement social qui ont acquis la conscience aiguë de la nécessité de réinvestir leur expérience de terrain dans le renouvellement de la politique, de cette jeunesse militante qui a fait ses premières armes avec la bataille contre le CPE l’an passé, de ces secteurs intellectuels dont la gauche a trop souvent négligé les apports… De nouveaux espaces pluralistes, de réflexion et de débat, d’initiatives et de propositions sont, à cette fin, indispensables, en vue d’un premier temps fort que pourraient représenter des états généraux pour une gauche à gauche.

 

C’est à cet objectif que nous entendons consacrer toute notre énergie. Pour aborder franchement les questions qui seront débattues par vous ce week-end, notamment celles du devenir de la coordination ou de la perspective d’assises à l’automne, nous ne saurions nous engager dans une démarche politique, ou dans des initiatives, qui ne constitueraient pas des avancées en direction de la convergence, sans exclusive, de toutes les composantes antilibérales à gauche. 

 

C’est sur la base des urgences de la nouvelle période, que nous souhaitons reprendre,  avec tous, le débat dans les meilleurs délais. Car, nous en restons convaincus, toutes celles et tous ceux qui ont toujours à cœur de faire émerger une réelle alternative unitaire à gauche ont encore un long chemin à explorer ensemble.

 

Bien fraternellement.

Par Gauche Alternative 06 - Publié dans : Le débat des antilibéraux
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Dimanche 17 juin 2007
REUNION NATIONALE DES COLLECTIFS ANTILIBERAUX (23 et 24 juin à Saint Denis)
CONTRIBUTION DES ALTERNATIFS

Un triple cycle touche à sa fin :
- Celui de la reconstruction du PS, ouvert au congrès d’Epinay en 1971 et traduit dans les différentes formules d’unions de la gauche. Le positionnement au centre gauche de la campagne de Ségolène Royal et l’affaiblissement des partenaires anciens ( le PCF ) et nouveaux ( les Verts) a tourné la page.
- Celui de la crise du PCF, crise d'orientation et affaiblissement organisationnel
- Celui de l’émergence des Verts comme force de renouvellement du champ politique.

Sans doute la gauche antilibérale avait elle surestimé le NON au TCE, qui, s’il était bien l’expression d’une contestation large de l’ordre ultralibéral, n’induisait pas mécaniquement l’existence d’un socle idéologique commun auquel il suffisait désormais de donner une expression politique.

Ces deux dernières années ont montré le caractère complexe, hétérogène, volatile et souvent contradictoire de la conscience politique des couches populaires que l’affaiblissement et l’archaïsme du PC d’une part et la démission du PS d’autre part ont laissé sans ancrage, sans boussole et sans cohésion dans une période sans précédent de mutations économiques, sociales et environnementales.

Cette période nous a enseigné que nous ne pouvions faire l’économie d’un travail collectif et démocratique sur le projet de société nouvelle que nous désirons construire, travail d’invention politique et sociale qui nécessite un temps de gestation et de maturation par essence long.
D’autant que ce travail ne saurait avoir de sens sans une bataille longue elle-aussi pour l’unité sociale des exploité-e-s et opprimé-e-s et leur participation active à l’élaboration de ce projet de société.

Résister à l’offensive d’un capitalisme violent et liberticide et construire une gauche d'alternative sont donc évidemment deux tâches à mener de front pour la gauche de gauche dans sa diversité.

Pour nous en tenir au champ de la gauche de transformation sociale, terme décidément à substituer à celui de gauche antilibérale, les Alternatifs souhaitent apporter les éléments suivants au débat

1/ SUR LE PROJET

1/1 Il est nécessaire d'articuler la plate forme politique que constituent les 125 propositions, socle ayant vocation a être amélioré, à une rélexion globale sur un projet de société

1/2 Il est indispensable de considérer des questions comme celles de l'antiproductivisme, de l'altermondialisme, de la précarisation durable, de l'initiative populaire (nous dirions autogestionnaire), d'une nouvelle contruction européenne, comme des éléments constitutifs du projet d'alternative. L'émergence de la question du réchauffement climatique, l'unification à l'échelle de la planète d'une série de mobilisations sur ce terrain, sont des éléments structurants de la nouvelle période qui s'ouvre

1/3 Construire le projet, c'est penser le bloc social qui en sera porteur. De ce point de vue, le premier défi est de répondre, dans les luttes et par nos propositions, à la division des couches populaires dont joue et qu'accentuera la politique du bloc UMP MEDEF. La question de l'unité est centrale.

2/ POUR L'UNITE, POUR L'ALTERNATIVE

2/1 Les Alternatifs sont favorables à l'unité sociale et politique la plus large afin de ne pas laisser isolés les secteurs en première ligne face à la droite et au MEDEF (sans papiers, chômeurs et précaires, jeunesse, secteurs encore garantis du salariat...)

2/2 Ils sont favorables à un front commun entre toutes les organisations, courants et collectifs de la gauche de transformation sociale. Le sectarisme de la LCR, la crise d'orientation et le repli du PCF ne doivent pas conduire à renconcer à cet objectif.

2/3 La période la plus récente, entre autres la campagne législative "gauche alternative 2007", a confirmé que celles et ceux qui se reconnaissent dans les collectifs antilibéraux (qu'ils aient ou non participé à la campagne avec José Bové), sont partagés entre deux démarches (ce partage n'est pas un partage entre "courants" identifiés mais entre des aspirations ). D'une part poursuivre la construction d'un espace politique de transformation sociale ouvert, d'autre part faire émerger une nouvelle force politique aux côtés de la LCR et du PCF.

2/4 Il est indispensable, pour ne pas contruire sur le sable des non-dits, de clarifier cette question.

2/5 Dans la loyauté et la clarté à l'égard des cadres larges à construire, et qui ne peuvent être instrumentalisés au bénéfice d'une de leurs sensibilités, les Alternatifs jugent nécessaire le développement d'une composante politique organisée alternative, autogestionnaitre, écologiste, qui ne peut se retrouver ni dans le PCF ni dans la LCR, et doit s'affirmer au sein de l'espace de la gauche de transformation sociale. Ils sont prêts à échanger et à se retrouver avec celles et ceux qui se situent dans cette même perspective.

2/6 Les Alternatifs sont en même temps favorables à la mise en place, aux Assises de l'automne d'un espace de débat et d'initiatives large de la gauche de transformation sociale.

La condition nécessaire à la constitutuon d'un tel cadre est l'exigence démocratique : identification des mandats collectifs, de celles et ceux qui les mettent en oeuvre, contrôle collectif et transparence.

Cet espace a pour objet d'être le creuset, théorique et pratique d'un nouveau projet et de nouvelles formes d'engagement social et politique. Il peut contribuer à moyen terme à l'éméergence d'un nouveau mouvement politique, mais ne peut en jouer le rôle à ce stade, sauf à se rétrécir considérablement.

Il doit assumer l'hétérogéneité du champ de la gauche de transformation sociale, être ouvert aux doubles appartenances, viser à permettre l'échange et l'élaboration en commun avec les acteurs des mouvements sociaux, être disponible pour l'échange avec les nouveaux engagements militants, notamment dans la jeunesse des quartiers populaires et/ou scolarisée (ces dernières démarches ayant jusqu'à présent été très peu portées par les collectifs antilibéraux).
 
Par Gauche Alternative 06 - Publié dans : Le débat des antilibéraux
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Dimanche 17 juin 2007

Contribution des Bouches-du-Rhône
à la réunion nationale des collectifs du 23 juin

Nous ne pourrons pas être présents comme nous l'aurions voulu à la réunion nationale du 23 juin, car nous avions nous-même programmé une assemblée générale départementale à la même date, 1ère assemblée générale depuis les élections qui vise à rassembler tous les militants antilibéraux, quels qu'aient été leurs choix pour ces élections.
Nous souhaitons cependant participer au débat, et nous vous faisons parvenir le texte ci-dessous. Il ne s'agit pas d'une déclaration formellement adoptée, mais de points de réflexion qui recueillent un accord assez large parmi nous et serviront de base pour l'introduction de notre AG départementale le 23 juin.


Après les présidentielles et les législatives, le moment est venu de se retrouver si nous voulons que notre combat de plusieurs années ne se termine pas dans l'éclatement, la confusion, la déception et la colère. Ainsi, nous avons besoin de faire le point, de débattre entre nous, mais aussi, au-delà, de résister à la politique néolibérale du gouvernement Sarkozy, d'ouvrir une perspective politique.

Cela doit être l’objectif des Assises Nationales prévues à l'automne prochain. Celles-ci devraient décider de la constitution d'un nouveau rassemblement unitaire.
Mais avant de nous engager dans ce travail nous avons besoin d'échanger et de vérifier si une volonté commune existe toujours pour relancer une dynamique unitaire antilibérale et pour ce faire, selon quelles bases politiques nous fondons notre accord et dans quel cadre nous pouvons/voulons agir pour être le plus efficace.

Pour cela nous avons besoin de tirer tous les enseignements de l'échec de la gauche antilibérale lors de la présidentielle et des législatives:

Pour quelles raisons nous n'avons pu prolonger l'unité des forces politiques et du mouvement social qui s'était réalisée lors de la bataille du non de gauche au Traité Constitutionnel Européen ? Notamment quelles responsabilités incombent aux uns et aux autres ? Et pour quelles raisons nous n'avons pu déjouer les pièges qui étaient pourtant prévisibles ?

En effet, ce nouveau rassemblement ne peut être la reproduction de cette tentative brisée. Aussi il est nécessaire de construire une démarche, qui sans ignorer les partis politiques, prendra une nécessaire autonomie vis-à-vis des logiques d'appareil.

Avec ce rassemblement nous vous proposons de mobiliser toutes celles et ceux qui ont combattu la division, tous ceux qui souhaitent travailler à une perspective unitaire, autrement dit, un rassemblement pleinement citoyen, n'excluant en rien les militants car nous avons besoin de leur expérience tant au plan politique, syndical, qu’associatif.

Sa base politique pourrait être constituée du fruit de notre travail commun : les 125 propositions des collectifs locaux pour une alternative unitaire à la gauche, le texte «ambition – stratégie - candidatures». Ces deux textes n'étant pas pris comme les «Saintes écritures», mais comme un socle susceptible d'évolution. Ce sera au rassemblement que nous vous proposons de construire d’en décider.

Ce rassemblement ne saurait être la simple suite des CUALS ou des comités unis avec Bové, avec le regroupement des communistes qui n'ont pas souhaité la candidature de Marie George Buffet même si certains d’entre eux ont finalement appelé à voter pour elle, ou encore des membres de la L. C. R. qui ont eu une attitude semblable, ou enfin ceux qui ont fait le choix de ne pas mener campagne. Avec ce nouveau rassemblement nous devons chercher à rassembler encore plus largement toutes celles et ceux que nous n'avons pu associer dans le cadre des comités unitaires antilibéraux : la jeunesse, les salariés, les couches sociales les plus défavorisées et discriminées.

L'objectif que nous vous proposons, ne saurait être aujourd'hui une nouvelle organisation politique, mais de se doter d'un outil qui nous permettra de prendre en compte à la fois la diversité de ceux qui participeront, ainsi que leur volonté commune de résister à la politique qui va être mise en oeuvre par le gouvernement Sarkozy et surtout de faire de la politique autrement en faisant progresser l'alternative unitaire antilibérale et le rassemblement pour donner force dans ce pays à une gauche de transformation sociale.

Pour y parvenir, nous vous proposons sur la base de notre expérience de remettre en place sans tarder des comités locaux, avec des coordinations départementales et une coordination nationale dont la composition, le renouvellement, les modes de fonctionnement et de liens avec le local devront être débattus.


 

Par Gauche Alternative 06 - Publié dans : Le débat des antilibéraux
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